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Qu’est-ce qu’un IMOCA, ces voiliers qui font rêver les Français ?

Les IMOCA sont les monocoques mythiques du Vendée Globe. Longs de 18,28 mètres, ces bateaux conçus pour les courses en solitaire allient vitesse, innovation et résistance extrême. Depuis la fin des années 1980, cette classe n’a cessé d’évoluer pour affronter tous les océans du monde.

Depart Vendée Arctique 2022
© Vincent Curutchet

Ce sont des images qui sont entrées dans le cœur des Français. Celles des arrivées du Vendée Globe, des marins qui exultent après être allés au bout d’eux-mêmes ; celles de ces bateaux qui ont traversé les mers du globe et résisté aux tempêtes comme aux aléas du large. Ces monocoques sont réunis au sein de la classe IMOCA qui compte, en plus du plus connu des tours du monde, la Vendée Arctique en juin prochain et la New York Vendée, dont la prochaine édition aura lieu en 2028. Les IMOCA répondent à un double défi : être capable de résister aux conditions les plus extrêmes, mais aussi être les plus performants et les plus rapides possibles. En somme, ils sont à la course au large ce que le rallye-raid est au sport automobile. Ces voiliers peuvent atteindre les 40 nœuds en vitesse de pointe (75 km/h) et le record de distance en 24 heures, établi durant le dernier Vendée Globe, s’élève à 615,33 milles, soit 1139 km. 

Un cahier des charges conséquent et évolutif 

Les plus rapides avaient bouclé le tour du monde en 17 nœuds de moyenne (31 km/h) soit plus du double que les premiers IMOCA lors de leur première apparition en 1986 au BOC Challenge, un tour du monde par escale (8 nœuds de moyenne). La première génération présentait déjà les caractéristiques actuelles, à savoir une largeur et une longueur importantes à la flottaison. Tous les IMOCA sont encadrés par une jauge, une sorte de cahier des charges qui définit les règles techniques du bateau. Ils ne peuvent pas dépasser les 60 pieds (18,28 m) de longueur, ni une largeur de 4,50 mètres alors que le mât doit atteindre moins de 29 mètres. 

Une série de mesures existe également pour renforcer au maximum la sécurité des skippers. Les voiliers doivent ainsi pouvoir se redresser après chavirage sans assistance extérieure, garantir un cloisonnement intérieur efficace et une flottabilité suffisante en cas de chavirage ou de voie d’eau. La classe a régulièrement introduit des innovations pour gagner en sécurité mais aussi en performance, notamment grâce à l’essor de l’informatique embarquée et le développement constant des pilotes automatiques. Les bateaux ont par ailleurs fortement évolué avec le temps, à l’image des cockpits destinés à protéger la zone des manœuvres qui sont désormais complètement fermés.


Les « foils », une révolution devenue une norme 


Mais la grande révolution, celle qui a fait basculer l’IMOCA dans une nouvelle ère, c’est l’émergence des foils au tournant des années 2000. Il s’agit de plans porteurs, situés de part et d’autre de la coque, qui contribuent à lever la coque et à réduire fortement le contact avec l’eau. Ainsi, les IMOCA peuvent « voler », ce qui a fait exploser les vitesses moyennes des bateaux. À bord, tout change : il faut veiller à maintenir le vol, à contrôler l’allure du bateau et à s’accrocher, tant les impacts contre les vagues à cette vitesse deviennent violents. En parallèle, la jauge permet aux équipes d’avoir une grande liberté dans la conception de la forme des foils. La révolution « foils » est devenue progressivement la norme : il y avait six foilers au Vendée Globe 2016, dix-neuf en 2020 et trente pendant le dernier Vendée Globe en 2024. En parallèle, les bateaux de générations précédentes continuent de disputer des compétitions, ce qui démontre leur résistance et leur pérennité au plus haut niveau. 

La Vendée Arctique : une flotte multigénérationnelle

La Vendée Arctique, dont le départ aura lieu le dimanche 7 juin prochain, l’illustre parfaitement. L’unique non-foiler, celui de Nicolas d’Estais (Café Joyeux), est le bateau avec lequel François Gabart a gagné le Vendée Globe 2012-2013. Il avait alors devancé Armel Le Cléac’h dont l’IMOCA n’est autre que l’actuel Coup de Pouce de Manuel Cousin. Arnaud Boissières (April Marine – recherche co-partenaire), lui, a récupéré un monocoque conçu en 2015 pour Alex Thomson. Par ailleurs, quatre bateaux ont été mis à l’eau en 2022 en vue du dernier Vendée Globe : Macif Santé Prévoyance, Initiatives-Cœur, 11th Hour, Allagrande Mapei (ex-Vulnérable) et MACSF. Mis à l’eau en juin 2024, Association Petit-princes Quéguiner est le seul à avoir été mis à l’eau dans le nouveau cycle qui s’est ouvert après le Vendée Globe. 


Une forte dimension environnementale

Au sein des bureaux d’études et des cabinets d’architecture, tous réfléchissent en permanence aux optimisations et aux innovations possibles. L’enjeu de la dernière génération de bateaux est notamment de pouvoir augmenter les phases de vol, notamment dans la mer formée. De plus, tous doivent composer avec les mesures destinées à être plus vertueux en matière environnementale. En 2021, les règles de jauge encourageaient l’utilisation de matériaux biosourcés et indiquaient la nécessité d’embarquer une voile conçue en matériaux alternatifs ou recyclables. 

La classe est allée plus loin en 2024 en instaurant une nouvelle règle qui oblige toutes les équipes construisant des bateaux neufs à réduire leur impact environnemental de 15 %. Objectif : diminuer l’utilisation de la fibre de carbone dans les moules et minimiser le gaspillage dans la construction des foils. De nouveaux paramètres qui poussent les équipes à trouver les solutions techniques les plus pertinentes. Cette nouvelle course contre-la-montre a commencé depuis des mois : neuf projets de construction d’IMOCA ont déjà été lancés. De quoi confirmer le dynamisme de la classe, et de continuer à voir des images à couper le souffle de ces bateaux bravant toutes les conditions. 


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