Charlie Dalin : "Je me suis fait rattraper par l’aventure"

Charlie Dalin tient sa revanche. Depuis ses débuts en course au large, il n’avait jamais remporté de course au départ des Sables-d’Olonne. La Vendée Arctique a réparé un impair et le skipper s’en amuse : "Cela n’a pas de portée scientifique mais ça fait du bien ! " Durant le convoyage retour depuis l’Islande, le skipper d’APIVIA a pris le temps de revenir sur son aventure, ce sprint jusqu’au grand nord, les heures qui ont suivi sa victoire, son rapport à son bateau actuel et au prochain aussi, qu’il mettra à l’eau dans quelques mois. 

Assistez à la remise des trophées ce dimanche à 17h

La cérémonie de remise des trophées de la 2e édition de la Vendée Arctique aura lieu ce dimanche, à partir de 17 heures, sur la scène du village... en public bien sûr !

Venez nombreux y assister ; 22 des 25 skippers de la course seront présents (seuls Denis Van Weynbergh, Szabi Weores et Isabelle Joschke manqueront à l'appel), dont le vainqueur Charlie Dalin.

Si vous ne pouvez pas être présent aux Sables d'Olonne ce dimanche, la cérémonie de remise des trophées sera aussi à suivre en direct sur la page Facebook et la chaîne YouTube de la Vendée Arctique ce dimanche à 17 heures.

La belle histoire de Denis et Szabi

Emprunt à des soucis techniques importants dont un problème de safran, Denis Van Weynbergh (Laboratoires de Biarritz) - contraint à l’abandon - est toujours en Islande. À la recherche d’un marin pour l’accompagner sur son convoyage retour, il a sollicité son voisin de ponton, Szabolcs Weöres, le skipper hongrois ayant lui aussi abandonné la course, qui n’a pas hésité une seconde à le rejoindre. Récit de cette belle rencontre sablaise. 

Pourquoi la Vendée Arctique est-elle une excellente préparation pour le Vendée Globe ?

Cette Vendée Arctique, première course qualificative pour le prochain Vendée Globe, marque le début d’un cycle pour l’ensemble des skippers de l’IMOCA. À peine cette dernière achevée, ils ont déjà les yeux rivés sur le Vendée Globe 2024. Dans deux ans, ils seront quarante à prendre le départ de ce tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. 

Toute la flotte à bon port

Ce vendredi après-midi, le dernier marin attendu aux Sables d’Olonne, Guirec Soudée, a remonté le chenal. Il est maintenant bien amarré à port Olona. Nicolas Lunven (Banque Populaire), Kojiro Shiraishi (DMG MORI Global One) et Pip Hare (Medallia) ont obtenu, suite à une demande officielle auprès de la direction de course, une dérogation pour rentrer directement à leur port d’attache. Ils seront présents lors de la cérémonie de remise des trophées dimanche à 17h, sur la grande scène du village.

Denis Van Weynbergh (Laboratoires de Biarritz) est encore en Islande où il effectue plusieurs réparations avant de reprendre la mer.

Pip Hare : "J’ai adoré cette course"

Pip Hare est arrivée à Poole chez elle en Angleterre : 

"Je suis de retour à la maison à Poole. J’étais déçue de ne pas revenir aux Sables d’Olonne, de rater la remontée du chenal avec le superbe public sablais mais j’ai eu des soucis de batterie et d’un point de vue sécurité, ça me semblait plus raisonnable de rentrer directement là où nous pourrions réparer. 

C’était une super course, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir. C’était une très bonne opportunité de tester le bateau dans du vent fort. En entraînement, nous n’allons jamais naviguer dans ces conditions. Aller naviguer dans ce type de conditions m’a apporté beaucoup de confiance. Dans les mers du sud, il fait froid, le vent est fort !

J’ai réalisé que je faisais des progrès, je continue d’apprendre et je prends vraiment énormément de plaisir sur l’eau. Je suis extrêmement contente de ma 13e place, même si j’aurais préféré la 12e (rires), mais on veut toujours faire mieux ! Au moment du départ, je regardais la flotte, je regardais mon bateau et je me disais que la 15e place pourrait être un bon objectif pour mon bateau. Je regardais surtout les bateaux similaires au mien, celui de Damien Seguin et de Giancarlo Pedote parce qu’ils ont toujours des petits foils comme mon bateau. Je voulais être proche d’eux. J’arrive finalement juste derrière Giancarlo. Ça m’a vraiment fait ressentir que je progresse, et ça m’encourage vraiment à continuer pour progresser encore. J’étais désolée que la course s’arrête plus tôt, c’était un choix difficile pour la direction de course et il fallait le faire. Ils devaient prendre une décision pour l’ensemble de la flotte. 

Vraiment, j’ai adoré cette course. J’ai adoré être aux Sables, le village de la course, l’intensité de l’épreuve." 

Kojiro Shiraishi : “Content de n’avoir jamais baissé les bras”

Kojiro Shiraishi (DMG MORI Global One) a obtenu, suite à une demande officielle auprès de la direction de course, une dérogation pour rentrer directement à son port d’attache, à Lorient. Le skipper japonais sera bien présent ce dimanche à la cérémonie de remise des trophées sur la grande scène du village.

"Le départ des Sables d’Olonne a été magnifique avec tous les Sablais qui sont venus nous souhaiter bon vent. C'était super, avec un rythme très soutenu au reaching. J’ai pu rester avec le groupe de tête. C’est au moment de passer la première dorsale que j’ai commencé à avoir des soucis de hook de grand-voile. J’ai dû hisser et affaler 5-6 fois ma grand-voile et c’était épuisant. J’ai perdu du terrain, je me suis empétolé dans la deuxième molle après la dorsale et je me suis retrouvé en queue de peloton. 

Après le calme, il y a toujours la tempête, et la tempête il y en a eu ! On est passé de 10 à 50 nœuds d’un coup, en même pas 10 minutes. J’ai dû affaler au quatrième ris, une première sur ce bateau, dans des conditions de vent de travers. C’était la baston. J’étais sous 4 ris - J3, les conditions étaient rudes et quand le vent a faibli, j’ai voulu renvoyer mon 3e ris qui ne hookait pas. J’ai eu beaucoup de soucis avec les hooks pendant cette course. J’ai essayé de hooker/ dehooker mais sans succès. À quelques dizaines de milles de l’arrivée, j’ai pensé abandonner mais j’ai fait tout ce que je pouvais pour finir. J’ai mis ma drisse de grand-voile au winch, (chose qu’il ne faut pas faire) et j’ai pu finir. Je finis dernier, 20e, je suis déçu de cette performance mais content de n’avoir jamais baissé les bras.

Le rail de grand-voile a eu un problème quand je l’ai affalée au moment de rentrer dans le Fjord, il s’est tordu. C’était donc impossible de renvoyer au-delà du 4e ris. J’ai réalisé mon convoyage depuis l’Islande avec mon équipe sous 4 ris dans la grand-voile. Mon équipe est merveilleuse, je leur suis énormément reconnaissant. Ils sont arrivés 24h après mon arrivée dans le Fjord pour étudier les solutions de réparations à bord. Nous n’avons pas pu réparer beaucoup de choses mais je suis super content de pouvoir faire ce convoyage retour avec eux. Ce sont ces moments-là qui marquent la vie, et je suis super heureux d’avoir fait ça avec eux.

Je voudrais remercier toute l’organisation de la Vendée Arctiques - Les Sables d’Olonne qui a fait un travail remarquable. La direction de course qui a veillé sur nous, qui a fait un choix difficile de neutraliser la course, puis d’écourter la course. Je suis sûr que c’était le bon choix. Au final, il n’y a pas eu de casse majeure dans la flotte et il faut les féliciter pour ça.

Je voudrais aussi remercier les Islandais de leur accueil super chaleureux. Ils ont été adorables et je suis super reconnaissant de l’aide qu’ils m’ont apportée. Ces moments sont des moments inoubliables, et j’espère un jour revenir dans ce fjord pour les remercier directement.

Je suis désolé de ne pas pouvoir ramener mon bateau aux Sables d’Olonne. Mais je serai là pour la remise des prix."
 

Guirec Soudée : "je suis prêt à repartir"

Guirec Soudée (freelance.com) a été le dernier concurrent à rejoindre Les Sables d'Olonne ce vendredi. Il a trouvé l'éclaircie parfaite pour rejoindre le ponton de port Olona, sous les acclamations du public. Il revient sur sa course : 

"Dans l’ensemble ça s’est hyper bien passé, j’ai passé des bons moments, le bateau est en super état, il n’y a rien à déclarer. Je suis prêt à repartir ! Je ne sais pas quand est la prochaine course mais moi, je suis chaud ! C’était une petite déception que la course s'arrête mais quand on téléchargeait les fichiers météo, on sentait que c’était vraiment pas terrible ce qui allait se passer là-haut. Quand la décision de ne pas faire le tour de l’Islande est tombée j’étais déçu mais je pense que c’était la bonne décision. Le fait que la course s’arrête complètement, c’était dur pour tous les skippers mais entre ceux qui étaient devant et ceux qui étaient derrière, nous n’avons pas du tout vécu la même chose. Moi j’ai eu un peu de vent, j’ai eu jusqu’à 50 nœuds mais j’étais quand même assez abrité, il n’y avait vraiment aucun souci. Derrière, ils ont bien souffert et c’est vrai qu’il n’y avait pas vraiment d’endroit pour s’abriter, c’était compliqué. L’organisation a vraiment fait un super boulot, bravo à eux. Moi j’ai quand même hésité longtemps car j’avais envie d’aller faire le tour, vraiment ! 

Si je devais garder une image, je dirais le moment où l’Islande s’est dessinée. Ce n'est pas la même sensation quand tu traverses un océan dans un avion que sur un bateau. Quand tu vois les sommets se dessiner au loin, c’est quand même chouette. Tu te dis que c’est bien mérité. Ça a été un petit peu court malheureusement mais j’espère que ce n’est que partie remise, vivement la prochaine Vendée Arctique pour faire le tour cette fois !"

Quatre IMOCA de plus au ponton

À la tombée de la nuit ce jeudi, Conrad Colman (Imagine), Antoine Cornic (EBAC literie), Fabrice Amedeo (Nexans - Art & Fenêtres) et Arnaud Boissières (La mie câline) ont remonté le chenal des Sables d’Olonne. Dans la pénombre et malgré le long convoyage depuis l’Islande parcouru depuis la fin de la course, les émotions se lisent sur les visages.

Arnaud Boissières : "J'ai voulu me préserver"

Arnaud Boissières - contraint à l’abandon - a rejoint le port des Sables d'Olonne ce jeudi soir. Il revient sur sa course et sur sa décision :

"J’assume totalement ma décision. À un moment, tu es dans le rouge, les petites galères s’accumulent, tu ne le sens pas alors tu fais demi-tour. 

D’une manière générale j’étais hyper surpris des conditions rencontrées, de la puissance de la dépression. Et derrière, il y avait un autre coup de vent qui arrivait. Au moment où je me préparais à remonter au près pour faire les quelques derniers milles, j’ai eu des problèmes avec mes deux voiles d’avant. Elles se sont enroulées sur elles-mêmes, l’une autour de l’autre, un truc qui n’arrive jamais ! La voile de brise, le J3 a explosé et l'emmagasineur du J2 était bloqué, la voile se déroulait toute seule. Je me suis retrouvé à l’avant du bateau à manoeuvrer, pendant un peu plus de 4h et j’ai eu peur. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse gaffe. L’objectif de cette course est aussi qu'elle serve de galop d’essai avant les autres épreuves. À ce moment-là, je pensais surtout à me préserver moi-même. Le convoyage m’a beaucoup aidé à digérer tout ça, il a été ma thérapie. 

Le bateau est simple, rapide. La première nuit, ça allait vraiment bien, j’ai plutôt bien traversé la première dorsale, avec un peu de réussite. La deuxième dorsale un peu moins, mais globalement j’étais dans le match. Je positive là-dessus. J’accumule des milles sur mon bateau et c’est important."

Fabrice Amedeo : "J’ai pris 65 nœuds"

Fabrice Amedeo, 19e de cette Vendée Arctique, est arrivé aux Sables d'Olonne ce jeudi soir. Il raconte sa course : 

"Je suis parti en me disant qu’il fallait que je retrouve de la confiance. Depuis le dernier Vendée Globe, je n’arrive pas à retrouver des sensations sur mon bateau parce que je suis blessé. Et en même temps, je suis hyper content : j’ai pris 65 nœuds, je ne pensais pas que c’était possible et j’ai réussi à le faire. Je suis hyper déçu sportivement mais je sens que je commence à retrouver “le truc”. Le coup de vent que j’ai pris, je pense que c’est fondateur pour la suite. Pour préparer un Vendée Globe, il n’y a rien de mieux ! Sur le Vendée Globe en 2017 au Cap Horn, j’avais pris 55 et j’avais déjà trouvé ça hard. Là, c’était encore une autre dimension. La mer était hyper formée. Tout était comme annoncé sur les fichiers météo. J’ai commencé avec 3 ris dans la grand-voile et sous tourmentin. À 60 nœuds, j’ai roulé mon tourmentin mais c’était tellement violent qu’il s’est délaminé, alors que c’est une toute petite voile, il faut 3 minutes pour la rouler ! C’était complètement dingue mais ces bateaux sont magiques. On a fait un super chantier sur le bateau, il y a encore un peu de boulot pour que je me remette en selle mais je suis un bosseur, ça va le faire !" 

Antoine Cornic : "Mon bateau, c’est un coffre fort "

Antoine Cornic, 16e de la Vendée Arctique, est arrivé à Port Olona ce jeudi en soirée. Il livre ses impressions sur la course : 

"Les grosses conditions permettent à nos bateaux de rivaliser avec les nouveaux. Ça c’était plutôt sympa ! J’ai pris une option de sûreté, je suis retourné dans l’ouest quand la grosse dépression est arrivée. Je suis hyper content de mon choix, d’avoir préservé le bateau, l’humain. Mon bateau peut repartir demain matin pour un tour du monde ! Il y a zéro casse sur le bateau, vraiment que des petites bricoles. Pour une course de validation pour un éventuel Vendée Globe 2024, je suis hyper content. Hyper content aussi d’être là aux Sables, que la famille et l’équipe technique soient venus, malgré l’heure tardive. Je les remercie parce que sans eux, rien n’est possible.

Je pense que sur des courses comme ça, nos bateaux ont encore de belles heures devant eux ! J’ai adoré mon bateau dans la baston. Je suis désolé mais je n’ai pas du tout souffert de la baston. Alors oui, c’est compliqué, tu te tiens, ça tappe, tu sors dehors tu prends une grosse claque d’eau salée dans le visage à "moins 12 degrés". Mais je considère que mon bateau, c’est un coffre fort ! J’avais vraiment confiance.

C’était une bonne première, je suis pressé d’être là dans deux ans pour prendre le départ du Vendée Globe ! C’était une super course, un grand bravo à l’organisation et à la direction de course, ça ne devait pas être simple à gérer à terre."

Conrad Colman : "C’était vraiment dantesque"

Conrad Colman, 18e de cette Vendée Arctique est arrivé au ponton des Sables d'Olonne ce jeudi soir : 

"On s’est pris une sacrée claque en arrivant en Islande. J’arrive avec une voile d’avant en moins. J’ai explosé mon J2. Pendant un moment, il était à moitié roulé, à moitié déroulé. C’était stressant parce que j’avais peur de démater. Le bateau était hors de mon contrôle. Une fois la voile explosée, j’avais un joli drapeau en tête de mât. Il s’est ensuite enroulé autour des câbles, ça m’empêchait de manoeuvrer, de virer, d’empanner. J’ai grimpé au mât dans une petite molle, c'est-à-dire 25 nœuds (rires). Quand tu t’es habitué à 50 nœuds, tu considères que 25 c’est de la molle ! J’ai tout coupé. J’ai eu d’autres galères à 10 milles de l’arrivée, j’avais un souci de safran et aussi une latte de grand-voile cassée. Du coup je me suis mis en mode bricolage. 

C’était une belle aventure, comme un petit Vendée Globe, sauf que l’on était pas forcément libre dans nos choix de trajectoires. Ça nous a forcé à aller dans la tempête. Sur un Vendée Globe, tu peux plus facilement contourner ce type de conditions. Là, c’était vraiment dantesque. J’ai déjà vécu ce genre de conditions, mais je n'étais pas super content de les rencontrer de nouveau ! C’était une bonne expérience, une bonne mise en jambe. Je sais ce qui m’attend si je vais au bout de ce projet Vendée Globe." 

Treize marins sont arrivés à bon port ce jeudi !

Les retours aux Sables-d’Olonne se sont enchaînés et la journée a été animée. Ce jeudi 23 juin, 13 marins de la Vendée Arctique ont amarré leur bateau dans le port vendéen, à l’issue d’un long convoyage depuis l’Islande. C’est le vainqueur Charlie Dalin qui a ouvert la voie dans le chenal, à 11h, suivi de près par Jérémie Beyou et Thomas Ruyant, respectivement 2e et 3e de l’épreuve. Puis il y a eu Louis Burton, Alan Roura, Damien Seguin et les autres... Tous ont raconté la confrontation sportive, les conditions dantesques rencontrées, l’aventure et le soulagement d’arriver à bon port. Cinq autres skippers sont attendus la nuit prochaine.  

Eric Bellion : "C'était une course étrange"

Réaction d'Eric Bellion (CommeUnSeulHomme powered by Altavia), 14e de la Vendée Arctique, à son retour aux Sables-d'Olonne :

"Vous avez eu chaud, il parait ? Nous on a eu froid ! C'était une course étrange, qui m'a demandé beaucoup d'énergie. Juste avant l'Islande, j'ai basculé dans un truc plus aventureux. Je me disais qu'en arrivant là-bas, ça allait se calmer. Et là, l'enfer a commencé. La remontée face au vent dans 45 noeuds, avec une mer hachée, pendant des heures... On est passés à 30 mètres de se percuter de plein fouet avec Sébastien (Marsset). En revenant du Vendée Globe, je m'étais déjà pris 80 noeuds au large du Portugal, mais j'avais pu me mettre en fuite, alors que là je n'ai pas pu. Et en Islande, la mer est très hachée, le vent accélère la mer. Je ne suis pas content du résultat, mais je suis dans le groupe qui m'intéresse, je n'ai rien à regretter, je suis dans le match. Le bateau et moi allons bien. J'ai appris un milliard de trucs, c'est très bon pour la suite."

Louis Duc : "On peut s'en sortir avec des bateaux à dérives"

Réaction de Louis Duc (Fives - Lantana Environnement), 8e de la Vendée Arctique, à son retour aux Sables-d'Olonne :

"Je suis content d'avoir fini ce parcours, ça fait une première étape vers le Vendée Globe, c'était l'objectif. Et finalement ça ne s'est pas trop mal passé en termes de performances, j'arrive 8ème. Il y a quand même deux bateaux à dérives devant moi, c'est deux de trop. Mais ils ont très bien navigué, ils ont fait une trajectoire parfaite, c'était génial de voir ça. On peut s'en sortir avec des bateaux à dérives ! On est allés voir du paysage, l'Irlande, l'Ecosse, puis l'Islande. Au final ça m'a évité le gros coup de baston qu'ont pris les autres. Je n'ai pas eu des conditions extrêmes, c'était assez raisonnable, peut-être 40 noeuds sur le retour, mais rien de bien méchant."

Romain Attanasio : "Cette aventure devait se terminer aux Sables"

Réaction de Romain Attanasio (Fortinet - Best Western), 17e de la Vendée Arctique, à son retour aux Sables-d'Olonne :

"Le bateau a souffert. La dépression a levé une mer pas très haute mais surtout très courte. Il y avait aussi des énormes rafales. J’ai déchiré la grand-voile. Le bateau tapait dans les vagues. Ca faisait un bruit… Comme du verre qui explose, pendant trois jours. Je me suis dit que je n’arriverais jamais à passer la porte. Quand la voile explose, j’ai pensé abandonner, mais je ne pouvais pas car c’était encore pire derrière. Je ne pouvais aller nulle part, il n’y avait pas de solution. C’est un soulagement d’avoir passé la ligne d’arrivée et d’être rentré aux Sables. J’ai pensé rentrer à Lorient directement mais je me suis dit que cette aventure devait se terminer sur le ponton aux Sables."

Benjamin Ferré : "Sur un bateau, plus tu es heureux plus ça va vite !"

Réaction de Benjamin Ferré  (Monnoyeur – Duo For A Job), 4e de la Vendée Arctique, à son retour aux Sables-d'Olonne :

"L’histoire est jolie. Il y a eu plein de péripéties, la course a été folle. J’avais à cœur de bien faire car beaucoup de monde me fait confiance et j’ai envie d’être à la hauteur. Faire la course en tête et terminer premier bateau à dérives doites, pour ma deuxième course en IMOCA, c’est chouette. Sur un bateau, plus tu es heureux plus ça va vite ! J’étais bien dans le rythme, on s’entend vraiment bien avec le bateau, on a eu des moments de symbiose. L’arrivée en Islande était dantesque. Je passe la ligne d’arrivée fictive, je lève les bras au ciel mais il n’y a personne, c’est un peu lunaire. Derrière, je sais qu’il faut vite se mettre à l’abri. Je suis encore dans le front, dans le brouillard. J’arrive sur la côte islandaise, le brouillard se retire et les montagnes enneigées apparaissent. Un décor incroyable. Moi qui adore l’aventure et l’exploration, j’ai été servi."