Toutes les actualités

Arnaud Boisssières : « Dans le chenal, il y a toujours une émotion »

Arnaud Boissières, star à domicile ! Le skipper d’Arcachon, devenu Sablais au fil des temps, repart pour un nouveau cycle vers le Vendée Globe. À 53 ans, c’est l’un des skippers les plus expérimentés, le seul avec Manu Cousin à disputer la Vendée Arctique - Les Sables d'Olonne pour la troisième fois. Interview, entre enthousiasme et humour.

À bord d'April Marine - recherche co-sponsor.
© DR

Peut-on comparer cette Vendée Arctique aux éditions précédentes ?

Ça n’a vraiment rien à voir (rires) ! Le parcours n’est pas du tout identique et on sait que la mer et l’océan ont le chic pour nous faire découvrir des choses à chaque navigation. Donc ce sera forcément très différent. L’originalité, c’est qu’on peut virer où on veut après avoir dépassé le cercle polaire. On sait qu’il est déjà compliqué d’atteindre l’Irlande. Là, on va encore plus haut ! 

Il te plaît ce parcours « libre » ?  

Moi ce qui me plaît dans la vie, c’est l’originalité. Et c’est le cas ici donc c’est parfait ! Je ne dis pas que ce sera simple, au contraire même, mais c’est un très beau challenge. On va prendre les trains de dépression un peu plus au nord et donc par travers. Le vent et la mer vont être de travers. Même si nos bateaux font le tour du monde, généralement on évite ce genre d’allures. Là, on n’aura pas le choix ! Il faudra trouver la bonne mesure entre tirer sur le bateau et le préserver.

« On sait qu’il y aura du monde dimanche »  

Vous allez aussi être confrontés à des jours sans nuit… 

J’ai eu l’occasion d’y être confronté quelques fois et c’est vraiment particulier. Il faut se forcer à un moment à se reposer. Ça paraît facile mais c’est presque plus dur finalement… Ça me rappelle un film avec Al Pacino en Alaska (Insomnia) qui vivait très mal ce jour constant. Je ne suis pas Al Pacino mais je sais que ce sera dur ! Je me suis installé un petit tableau pour bien noter mes phases de sommeil, j’ai pris aussi un masque de sommeil et je sais qu’il est important de bien s’alimenter aussi. 

À bord d'April Marine - recherche co-sponsor.
© DR

Il y a un petit truc en plus à l’idée de partir et d’arriver des Sables-d’Olonne, le port du Vendée Globe, là où tu vis au quotidien ?

Oui c’est sympa ! J’habite à 600 mètres du village, je suis venu ce week-end avec ma femme et mon fils. C’est agréable d’alterner le Vendée Globe avec ce genre de courses. Le public répond présent au village et sur les pontons. Et bien entendu, il y a toujours une émotion quand on traverse le chenal pour une course. On sait qu’il y aura du monde dimanche et je prends ça comme un boost de motivation. 

Qu’est-ce qui fait que ta motivation est toujours aussi intacte malgré les années ?

Il n’y a pas de secret juste de la passion ! Ce qui m’anime, ce sont les bateaux de course, le fait de naviguer. J’adore être sur l’eau et j’apprécie encore plus naviguer en IMOCA. Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau que de faire le tour du monde à la voile en solitaire et de le préparer. 

Enfin, peux-tu décrire ce qu’on ressent quand on navigue à bord d’un IMOCA AU LARGE ? 

On a l’impression d’être en haut du grand huit. D’un seul coup, on dévale les vagues comme sur un manège géant. La plupart du temps, on contrôle mais parfois, on ne contrôle plus. Et c’est dans ces moments que c’est extrêmement fun : ça pousse à se demander jusqu’où les bateaux peuvent aller et jusqu’où on est capable de les mener. C’est un mélange de peur, d’appréhension, d’excitation, d’adrénaline et c’est surtout un incroyable plaisir. 

Découvrez également le portrait d'Arnaud Boissières


Skippers liés à cet article

Arnaud Boissières

April Marine - Recherche co-partenaire
Arnaud Boissieres

Partager cet article

Dernières actualités