Le Fastnet, enfin
Sur une carte, le Fastnet n'est qu'un point parmi d'autres. Pour les marins, c'est tout autre chose. Le célèbre phare irlandais appartient à ces repères qui jalonnent depuis des décennies l'histoire de la course au large. D'innombrables navigateurs ont laissé sa silhouette dans leur sillage au fil des grandes courses océaniques. Manu Cousin le connaît bien. Comme nombre de marins du circuit IMOCA, il l'a déjà croisé à maintes reprises lors des entraînements ou des épreuves du RORC. Encore fallait-il réussir à l'atteindre. Ces derniers temps, la météo s'emploie à lui compliquer la tâche. Vent fort, puis plus rien. Une risée, puis une nouvelle zone sans vent. Un véritable parcours à contretemps qui n'a cessé de repousser son rendez-vous avec le rocher mythique. « La journée n'a pas été facile. C'est toujours du on/off. J'espérais réussir à prendre les devants sur la molle qui me barrait la route, mais elle a fini par me happer. Je n'ai pas été totalement arrêté, mais je n'avançais clairement pas très vite. » Alors que le skipper de Coup de Pouce espérait franchir ce cap symbolique dès hier après-midi, il a finalement fallu patienter jusqu'à une heure du matin, ce vendredi, pour y parvenir. Entre-temps, le vent est revenu et la progression a retrouvé son rythme : exigeante, au près et toujours aussi peu reposante.