Un parcours inédit
Neuf skippers étaient au départ. Un plateau resserré, mais riche de profils complémentaires : quatre marins avaient déjà bouclé un Vendée Globe, cinq découvraient l'exigence d'une course en solitaire en IMOCA. Trois femmes et quatre nationalités étaient représentées.
Cette édition a marqué une évolution importante avec l'introduction d'un parcours libre : les skippers sont restés maîtres du choix de leur longitude de passage au cercle polaire. Une nouveauté qui a replacé la stratégie, la météo et le sens marin au cœur de la course.
Autre évolution : la prise en compte de nombreuses zones de protection des cétacés, qui illustre la volonté d'adapter la course aux enjeux environnementaux tout en préservant son exigence sportive.
Huit jours de navigation intense
Sur l'eau, la course a offert un scénario riche en rebondissements. Longtemps leader, Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance) semblait filer vers la victoire. Mais dans les derniers milles, Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) a renversé la situation pour s'imposer, au terme de 3 190 milles d'une bataille de chaque instant. Derrière eux, Violette Dorange (Initiatives Cœur) complète le podium, devançant de quelques heures Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Queguiner) et Francesca Clapcich (11th Hour Racing). Nicolas d'Estais (Café Joyeux), Arnaud Boissières (April Marine) et Manuel Cousin (Coup de Pouce) ont rallié Les Sables d'Olonne après plusieurs jours d'une navigation exigeante. Corentin Horeau (MACSF) a dû abandonner sur avarie.
Au-delà du classement, tous ont acquis une expérience précieuse. Pour certains, cette Vendée Arctique a constitué une première confrontation en solitaire en IMOCA. Pour les autres, elle a permis de tester leur bateau, leurs choix techniques ou leur manière de naviguer avant les prochaines grandes échéances océaniques.
Ce sont sans doute les skippers qui en parlent le mieux. Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance) évoque un « Vendée Globe condensé ». Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Queguiner) résume ces huit jours d'une phrase : « On a tout connu : du vent, de la pétole, de la mer, du froid… »
Neuf jours aux Sables d'Olonne
Pendant neuf jours, le village de la Vendée Arctique s'est installé sur l'esplanade du Vendée Globe. Visite du ponton, rencontres avec les skippers, séances de dédicaces, expositions et animations : le public s'est plongé dans l'univers de la course au large et de l'Arctique, notamment grâce à l'exposition de Florian Ledoux.
Fidèle à l'esprit des courses au large portées par la Vendée — un événement gratuit et ouvert à tous — le village a réuni quelque 50 000 visiteurs au fil des neuf jours. Le spectacle de drones en ouverture, les départs, les arrivées et les nombreux temps de partage ont permis de belles rencontres entre les skippers et le public.
Les partenaires de la course ont largement contribué à l'animation du village. Sodebo, Brioches Fonteneau et Hyundai y ont tenu leur stand, à la rencontre du public tout au long des neuf jours. L'artiste vendéen Julien Vrignaud a exposé ses œuvres et signé les trophées remis aux skippers, tandis que Virtual Regatta a permis à chacun de prendre le départ à son tour, en course virtuelle. Le partage scientifique était également au rendez-vous avec l'Ifremer et l'IPEV, venus expliquer les enjeux de la recherche polaire. Enfin, Radio France et Ouest-France ont accompagné l'événement et porté son écho bien au-delà du village.
Une course suivie au-delà des Sables d'Olonne
Le suivi s'est prolongé bien au-delà des pontons. Le site officiel a enregistré près de 820 000 visites. Sur les réseaux sociaux, les vidéos, photos et publications de la course ont été vues plus de 21 millions de fois. La course a par ailleurs été relayée par de nombreux médias en France et à l'étranger, avec un départ diffusé dans le monde entier par 28 chaînes.
Ces chiffres témoignent de l'intérêt pour cette course et de sa place désormais installée dans le calendrier qui mène au Vendée Globe 2028.