SA COURSE EN CHIFFRES
Arrivée ce dimanche 21, à 10 h 10
Temps de course : 13 jours 21 heures 08 minutes et 40 secondes
Trajet parcouru : 3379,68 milles
Vitesse moyenne : 10,1 nœuds
SA COURSE EN BREF
Jeudi dernier, lors de la remise des prix, Manu Cousin a tenu à envoyer une vidéo diffusée sur l’écran géant à proximité de la scène. Il y félicitait chaque skipper un à un avant d’évoquer sa course aussi. « Ça n’a pas été facile, j’ai accumulé pas mal de galères », confiait-il. Manu savait que la mission qui l’attendait s’annonçait périlleuse : après avoir récupéré l’ancien IMOCA d’Arnaud Boissières et passé des semaines en chantier, son équipe n’avait remis le bateau à l’eau qu’une poignée de jours avant le départ. « On s’y attendait un peu parce que le bateau a été remis à l’eau tard et que nous avons énormément travaillé dessus cet hiver », reconnaissait-il durant sa course.
Il n’empêche, comme il l’a montré lors de ses deux derniers Vendée Globe, Manu Cousin s’est accroché. Il y a eu des frayeurs, des coups de mou, des moments durs. « Je n’ai pas tout raconté mais on a connu pas mal de péripéties techniques, notamment durant la montée vers le cercle polaire ». Mais le skipper Coup de Pouce sait qu’on apprécie aussi une aventure à sa capacité à résister et à tenir bon. « Dans l’ensemble, je suis ravi, on a profondément modifié le bateau et il fonctionne bien ». Manu a également pris le temps d’apprécier sa route, les conditions au cercle polaire qui « rappellent le Grand Sud ». Il a tenu bon, enfin, dans un final où rien ne lui a été épargné, obligé de batailler au près longuement. Qu’importe, Manu peut désormais savourer : il devient à nouveau finisher d’une course très exigeante, a fait un premier pas vers le Vendée Globe 2028 et surtout acquis une expérience qui sera forcément précieuse pour la suite.
SA RÉACTION À CHAUD
« Je tiens à remercier tous les Sablais et les Vendéens qui sont venus m’accueillir. C’est un mélange d’émotions : à la fois la déception d’être arrivé seulement maintenant mais aussi la fierté de couper la ligne d’arrivée. Cela me permet également de me qualifier pour le prochain Vendée Globe, et ça compte pour nos partenaires et pour tous ceux qui travaillent sur notre projet.
Après le gros chantier d’hiver et le peu de préparation que nous avons eu, nous savions que ce serait difficile. C’était une course très particulière parce que j’ai eu beaucoup de galères, notamment des problèmes informatiques. Un jour, alors que je somnolais sur mon siège de veille, j’ai vu de la fumée autour de la table à cartes et le carbone rougir. J’ai pris un shoot d’adrénaline, j’ai essayé de dissocier la table à cartes du bateau : c’était vraiment en train de cramer ! À un moment, je me voyais perdre le bateau. Je me suis mis à la cape et, d’un coup, il n’y avait plus rien. En fait, c’est un hydrogénérateur qui avait cramé. J’ai aussi eu des fuites de gasoil, un moteur qui cale, un GPS qui ne fonctionnait plus… Ce sont de petites choses qui deviennent très complexes quand on est au milieu de nulle part. Il va falloir retravailler, repenser les choses. Mais à part ça, le bateau fonctionne très bien, et moi aussi ! »