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Francesca Clapcich, l'Italo-Américaine qui carbure à l'adrénaline

Francesca Clapcich, « Frankie », skipper d’11th Hour Racing, incarne un savant mélange d’influences italiennes et américaines. Elle aime sortir des sentiers battus, suivre ses passions et vivre chaque instant à cent pour cent, que ce soit sur l’océan ou dans les montagnes de Park City, dans l’Utah, où elle réside.

Francesca Clapcich
© Maud Helfgott

 

Pourtant, derrière cette image de femme libre, la navigatrice de 38 ans, maman, double olympienne, championne du monde de 49er FX et déjà victorieuse d’un tour du monde en équipage, possède aussi une approche étonnamment méthodique.

Si elle apprécie la liberté qu’offre l’océan, Francesca reste profondément cartésienne. Elle a besoin d’un plan et reconnaît volontiers être passionnée par les tableurs, au point d’en utiliser un pour organiser son quotidien.

Entre planification et spontanéité

Si elle apprécie la liberté qu'offre l'océan, Francesca reste profondément cartésienne. Elle a besoin d'un plan et reconnaît volontiers être passionnée par les tableurs, au point d'en utiliser un pour organiser son quotidien.

« J'aime avoir un plan, mais je ne suis pas rigide. Je suis plutôt flexible, même si j'aime les plans. J'adore les tableurs ! Même si je n'ai pas forcément le profil type ! Pourtant c'est vrai. J'ai un tableur principal pour tout, même pour notre vie à la maison, les activités, le camping, absolument tout. Cela m'aide à rester calme, à planifier les choses et à faire en sorte que les personnes autour de moi sachent ce qui est prévu. Avoir un peu de structure n'a jamais fait de mal. »
— Francesca Clapcich

Comme l'ensemble des skippers engagés dans cette Vendée Arctique, Francesca s'apprête à naviguer plus au nord qu'elle ne l'a jamais fait auparavant. Encore novice en IMOCA en solitaire, elle dispute seulement sa deuxième course en solitaire dans la classe après sa cinquième place lors de la 1000 Race au printemps.

Pour elle, la réussite passera par un équilibre subtil entre une stratégie précise — comme celle préparée avec Will Harris l'automne dernier, qui avait largement contribué à leur deuxième place dans la Transat Café L'Or en double — et la capacité à rester flexible face aux conditions météorologiques très évolutives que promet ce parcours vers le cercle polaire.

« Il faut surtout avoir un plan pour les 36 premières heures afin de pouvoir se concentrer pleinement sur la vitesse du bateau et sa conduite, sans avoir à tout recalculer en permanence. Tout sera très dynamique là-haut. Même si j'aime avoir un plan, je reste très adaptable. »
— Francesca Clapcich

Rester en mouvement

La différence avec une transatlantique classique réside notamment dans la vitesse de déplacement des systèmes dépressionnaires. Sur ce parcours, les bateaux traversent les dépressions plutôt que de les accompagner, et les transitions s'enchaînent beaucoup plus rapidement. Plus on remonte vers le nord, plus la courbure du globe réduit les distances à parcourir pour ces systèmes météorologiques : ce qui rend très difficile la construction d'un routage figé à long terme.

« Ce qui m'inquiète le plus, c'est la manière de gérer ces dépressions extrêmement rapides. Elles arrivent très vite. Plus on monte vers le nord, moins elles ont de distance à parcourir. Mais elles disparaissent également très vite. Parfois, nous pouvons rester devant ces systèmes et profiter d'un vent favorable. Mais il faut constamment rester vigilant, choisir les bonnes voiles, prendre un ris suffisamment tôt si nécessaire. Il ne faut surtout pas se laisser piéger dans une situation qui pourrait endommager le bateau. Au final, tout repose sur les choix de trajectoire. »
— Francesca Clapcich

Francesca aime la vitesse, la puissance et les sensations fortes. Elle n'a jamais eu peur de prendre ses propres décisions.

« Je ne suis pas du tout réfractaire au risque, dans tout ce que je fais. Que ce soit en montagne ou sur l'océan. Nous ne vivons qu'une seule fois et ma façon de vivre consiste à vivre pleinement. Ce serait comme si je refusais de faire du ski hors-piste parce que j'ai peur d'une avalanche. D'une certaine manière, c'est ce qui me fait sentir vivante. Mais tout est une question d'équilibre : il y a des personnes qui nous aiment et qui souhaitent nous voir revenir à la maison. »
— Francesca Clapcich

Un expresso en solitaire

Italienne oblige, le café est non négociable. En mer, il constitue son petit luxe quotidien. Et lorsqu'elle navigue en solitaire, impossible de prendre le temps de préparer un café à l'ancienne sur un réchaud : elle embarque donc une machine à café électrique remplie de café provenant de sa ville natale, Trieste.

« J'ai une machine à café électrique. C'est mon petit plaisir. Je bois mon espresso sans sucre ni lait. J'emporte du café Illy, la marque de Trieste. Je connais la famille et les propriétaires. Alors j'embarque leur café à bord. Il est vraiment excellent. »
— Francesca Clapcich
 


Ma façon de vivre, c’est de vivre pleinement. Je suis à cent pour cent tout le temps.

Francesca Clapcich
11th Hour Racing

Faire naître des vocations | Vendée Arctique Les Sables d’Olonne

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