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Les skippers IMOCA face au défi du Grand Nord

Avant cette Vendée Arctique 2026, jamais une flotte IMOCA n'était montée aussi loin au nord. Températures qui chutent, systèmes météo inédits, challenge physique et mental. Lles skippers n'ont pourtant qu'une hâte : s'y confronter.

À bord de Café Joyeux
© Café Joyeux / Martin Keruzoré

 

Ce qui change entre Les Sables-d'Olonne et le cercle polaire :

  • Température de l'air : ~30 °C aux Sables-d'Olonne → ~5 °C au cercle polaire
  • Température de l'eau : 16 °C sur les côtes vendéennes → moins de 5 °C au cercle polaire
  • Ensoleillement : jour continu 24 h/24 au-delà du cercle polaire
  • Durée estimée : une dizaine de jours — un record en solitaire pour tous les skippers sur leur IMOCA actuel

 

Les souvenirs (difficiles) de la 2e édition

L'an dernier, les skippers avaient entrepris le tour des îles britanniques lors de la Course des Caps. Il y a quatre ans, ils avaient mis le cap plus au nord encore, vers l'Islande, lors de la 2e édition de la Vendée Arctique. Tous ceux qui y ont participé se souviennent d'un sacré combat : une dépression particulièrement virulente avait balayé le parcours, contraint la direction de course à raccourcir l'épreuve et permis à trois non-foilers de s'immiscer dans le top 10*.

« Ça avait été des conditions dantesques, vraiment difficiles à vivre. »
Arnaud Boissières (April Marine – recherche co-partenaire)

Cette année, la Vendée Arctique 2026 propose un défi encore plus ambitieux : après avoir dépassé l'Irlande, les skippers devront choisir par quel côté contourner l'Islande, atteindre le cercle polaire à la latitude de leur choix, puis entamer le retour vers Les Sables-d'Olonne — là encore avec un parcours entièrement libre.

Ce que le froid va changer à bord

S'il est encore trop tôt pour connaître les conditions météo exactes, une certitude s'impose : le mercure va baisser drastiquement. Les skippers devront progressivement remplacer short et tee-shirt par cirés, sous-pulls, gants et bonnets.

« On se prépare en emportant avec nous des vêtements bien chauds pour tenir le coup. »
Nico d'Estais (Café Joyeux)

Lors du Vendée Globe, ceux qui avaient installé un petit chauffage électrique à bord s'en réjouissaient dans les mers du Sud : l'outil pourrait à nouveau être embarqué durant cette Vendée Arctique. Par ailleurs, l'air froid étant plus dense que l'air chaud, il y aura « davantage de pression dans les voiles » — un facteur de performance, mais aussi de sollicitation accrue sur les bateaux et les équipages.

Un sacré challenge physique et mental

Les dépressions sont nombreuses à circuler sur leur route. Christian Dumard, le météorologue de la Vendée Arctique, le résume clairement :

« Il y aura beaucoup de changements de conditions de vent, beaucoup de transitions et donc beaucoup de manœuvres. On a la certitude qu'ils auront beaucoup de transitions à gérer — ce ne sera pas comme au Vendée Globe où l'on peut avoir 2 à 4 jours de conditions stables. »
— Christian Dumard, météorologue de la Vendée Arctique 2026

Un empannage dure près de 45 minutes en solitaire : les skippers devront les multiplier tout au long de la course. C'est en pensant à cette débauche d'efforts qu' Elodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) a évoqué « une course qui s'annonce longue et éprouvante ».

« Il y a un réel enjeu en matière de gestion du rythme, de capacités à tenir dans des conditions difficiles. C'est une affaire d'endurance. »
— Elodie Bonafous

« On sait que ce sera un sacré défi physique et psychologique. »
Corentin Horeau (MACSF)

À bord d'Initiatives Coeur.
© Ronan Gladu / Initiatives-Coeur

Retrouver les joies (et les difficultés) du solitaire

Pour toute la flotte, cette Vendée Arctique s'apparente également à un test majeur en solitaire. La course devrait durer une dizaine de jours et ce sera une grande première : aucun des neuf skippers n'a passé autant de temps en solo sur son bateau actuel durant une course. Tous devront retrouver leurs automatismes en solitaire après une saison disputée en double et un premier galop d'essai seul en avril lors de la 1000 Race.

Au sein de la flotte, quatre skippers ont participé au Vendée Globe : Arnaud Boissières, Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance), Manuel Cousin (Coup de Pouce) et Violette Dorange (Initiatives-Cœur). Tous ont hâte de retrouver cette navigation en solitaire.

« C'est un sacré défi mais j'ai hâte de me retrouver seule à bord, de me concentrer sur mes manœuvres et sur ma trajectoire. »
— Violette Dorange (Initiatives-Cœur)

Le soleil de minuit, allié inattendu des skippers

Dans leur progression vers le nord, les marins pourront compter sur une aide inattendue : celle du soleil. Plus ils se rapprocheront du cercle polaire, plus les jours se rallongeront. Une fois le cercle polaire atteint, finies les nuits : il fera jour en continu, 24 heures sur 24. Certes, il faudra s'adapter, garder ses repères temporels et veiller à son sommeil pour conserver de la lucidité. Mais cette nouvelle donne permettra aussi de mieux percevoir les phénomènes météo et d'aider à résister à la fatigue.

« J'ai hâte de découvrir les longues journées et les nuits qui raccourcissent jusqu'à disparaître. Passer le cercle polaire et naviguer à minuit en voyant le soleil, c'est génial ! »
Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance)

De quoi s'offrir des souvenirs forcément inoubliables au fil de cette course aussi inédite qu'enthousiasmante. 


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