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Mettre en œuvre la recherche polaire française en arctique

Théâtre de la Vendée Arctique, le Grand Nord est aussi un territoire clé pour la recherche scientifique. Au Svalbard, l’Institut polaire français accompagne depuis plus de trente ans les missions menées au cœur de l’Arctique.

Le village de Ny-Ålesund au Svalbard
© Alfred-Wegener-Institut / Esther Horvath

Les enjeux scientifiques portés par la région arctique sont nombreux (rappel vers article sur le sujet ?), or l’isolement de ces territoires, les conditions climatiques qui y règnent et les contextes géopolitiques spécifiques dans lesquels ils s’inscrivent, peuvent les rendre difficiles d’accès.

Forte d’une longue histoire d’explorations polaires, maritimes puis terrestres notamment au Groenland puis au Svalbard, la France s’est donc dotée depuis 1992 d’une agence pour renforcer les études scientifiques dans les régions polaires. Héritier des activités des expéditions polaires françaises de Paul-Émile Victor et de la mission de recherche des Terres australes et antarctiques françaises, l’Institut polaire français met aujourd’hui ses compétences et ses moyens au service de la recherche scientifique dans 3 régions du globe : en Arctique, dans les îles subantarctiques françaises et en Antarctique.

En Arctique, l’Institut polaire finance des projets et selon les besoins, achemine des équipes scientifiques, ainsi que leur matériel, et les héberge, en particulier à la station AWIPEV au Svalbard.

L’AWIPEV, une station scientifique franco-allemande au Svalbard

L’archipel du Svalbard est un territoire norvégien, régi par le traité de Paris signé en 1920 par 14 pays, ratifié ensuite par une quarantaine de nations. Selon les termes de ce traité, les citoyens de divers pays ont le droit d’exploiter les ressources naturelles « sur un pied d’égalité absolu ». Il déclare également la démilitarisation complète de l’archipel, mais autorise l’établissement de bases scientifiques.

9 pays ont ainsi une activité scientifique régulière au village scientifique de Ny-Ålesund, un ancien village minier, qui accueille aujourd’hui jusqu’à 20 institutions. L’Institut polaire français avec l’appui de la Fondation franco-norvégienne a développé l’implantation française déjà existante : la station Jean Corbel située à 5 km de Ny-Ålesund et, dans le village lui-même, la station Charles Rabot.

En 2003, à l’occasion du quarantième anniversaire du traité d’amitié franco-allemand, l’Alfred Wegener Institute (AWI) et l’Institut polaire ont décidé de mettre en commun leurs moyens sur l’île du Spitzberg et c’est ainsi qu’est née l’AWIPEV.

L’AWIPEV offre des services et des équipements scientifiques, permettant de mener des recherches dans différents domaines notamment en sciences de la vie et en sciences de l’atmosphère. La station à Ny-Ålesund peut accueillir une quinzaine de scientifiques. Les moyens disponibles sont des bureaux, des ateliers, un laboratoire équipé pour des observations géophysique, des travaux de biologie ou de chimie, des espaces de stockages, des moyens de déplacements tels que motoneiges, ski, embarcations … Les équipes de recherche peuvent également rejoindre la station Jean Corbel, située à 5 km au sud-est de Ny-Ålesund, qui a une superficie de 150 m² et peut accueillir jusqu’à 8 personnes en été. Cette station autonome en énergie propre et isolée de toutes pollutions locales d’origine humaine peut accueillir des mesures en physico-chimie de l’atmosphère ou glaciologie, géologie etc. 

Les services communs aux différentes stations du village tels que l’aéroport, la production d’énergie, la restauration, les équipements de loisirs mais également des moyens nautiques supplémentaires ou encore la maintenance des bâtiments sont fournis par la Kings Bay, l’entreprise norvégienne qui est propriétaire des terres et des bâtiments.

L’AWIPEV est une des rares stations de Ny-Ålesund occupée toute l’année. Les équipes scientifiques françaises et allemandes y sont accueillies par trois hivernants : le stationleader s’occupe de la coordination des missions, accueille les équipes, et veille à l’application des différentes consignes de sécurité. L’observatory engineer assure des mesures scientifiques pour des projets d’étude de l’atmosphère et veille au bon fonctionnement des appareils scientifiques de la station et le logistic engineer à celui des moyens de déplacements nautiques et terrestres, et au bon déroulement du transport du matériel.

 

La station Corbel, à 5 km de Ny-Ålesund
© Lucie Bonhomme – Institut polaire français
Le soutien à la science en Arctique, une station franco-allemande : l'AWIPEV

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