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Bestaven : « un final dur pour les nerfs ! »

À cause de cette zone sans vent si tenace autour de l’arrivée, les dernières heures s’annoncent haletantes. La 1ère place de Sam Goodchild est menacée et ses quatre poursuivants sont aux aguets. Vainqueur du Vendée Globe 2020-2021 au bout du suspense et actuel consultant sécurité de la Vendée Arctique, Yannick Bestaven décrypte cette fin de course.

Lors du briefing d'avant course.
© Eloi Stichelbaut - polaRYSE / Nefsea / SAEM Vendée

Vendée Arctique :

Quel regard portes-tu sur la fin de course ? 
 

Yannick Bestaven

Ça démontre ce qu’on sait tous : rien n’est gagné tant qu’on n’a pas franchi la ligne d’arrivée ! C’est terrible pour Sam Goodchild qui va buter dans cette zone sans vent et qui va voir ses poursuivants revenir sur lui. Je pense que ça va se jouer vraiment dans les toutes dernières heures de course. Tout va dépendre de quand le vent va rentrer et qui en bénéficiera le plus. Si Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) doit composer avec sa pénalité (de 12 heures), Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) pourrait batailler pour la victoire.    

Vendée Arctique :

Comment vit-on ces moments quand on est presque à l’arrêt dans une course ?

Le plus dur, c’est qu’il n’y a rien à faire. Il faut prendre son mal en patience. Sam (Goodchild) savait ce qui allait se passer, il avait bien conscience qu’il allait se faire rattraper. Il a pris ça avec philosophie en restant concentré jusqu’au bout. C’est dur pour les nerfs mais ça fait partie du charme des courses de voile. 

Vendée Arctique :

Qu’est-ce qui peut faire la différence ? 

Les bateaux qui bataillent pour les premières places ont tous un potentiel similaire. Ce qui compte, c’est d’être le plus lucide et clairvoyant possible. Et puis il faut un peu de chance aussi pour être au bon endroit au bon moment afin de progresser un peu plus vite que les autres. 

Vendée Arctique :

Tu avais toi aussi été fortement ralenti au large du Brésil lors du Vendée Globe 2020-2021…

Oui, je m’étais tout simplement arrêté. J’étais arrivé trop tôt dans une bulle anticyclonique et j'ai été doublé par cinq bateaux… Le plus dur quand ça t’arrive, c’est l’impression d’être impuissant. J’avais envie de sauter à l’eau et de pousser le bateau à la nage (rires) ! Heureusement qu’à la fin, le scénario s’est retourné en ma faveur. Sinon, j’aurais pu tout perdre là-bas !  

 

Vendée Arctique :

Plus globalement, qu’as-tu pensé de cette 3e édition de la Vendée Arctique ? 

C’est une très belle course. Sam Goodchild a dominé les débats, il a fait les bons choix, une belle trajectoire : il mérite de l’emporter. Derrière, Ambrogio (Beccaria) revient de loin, lui qui a eu quelques soucis, notamment en étant obligé de plonger sous la coque au large de l’Irlande. J’ai été impressionné aussi par la course d’Élodie (Bonafous) et de Violette (Dorange). Elles aussi ont navigué « très propres » ! 


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