Les circonstances de l’avarie.
« J’étais à une centaine de milles du Fastnet, j’étais bien positionné, légèrement distancé par Sam Goodchild mais à la bataille avec Violette Dorange et Élodie Bonafous. Le vent commençait à bien rentrer (22 à 24 nœuds), ça tapait pas mal. En prenant une vague justement, j’ai vu que le J3 était monté à l’air. En regardant de plus près, j’ai vu que la cadène, la partie basse du J3, s’était arrachée, désolidarisée du pont qui a été légèrement découpé. C’est une partie maîtresse sans laquelle le mât est plus fragile et peut casser ».
La décision d’abandonner.
« On a essayé de trouver une solution et peut-être que si j’avais été plus loin dans la course, j’aurais essayé de finir en mode très dégradé. Mais là, c’était compliqué, d’autant qu’il faut conserver le reste du bateau. C’était plus prudent de rentrer à Lorient pour prendre le temps de comprendre ce qui s’est passé et réparer le bateau. »
Le retour à Lorient.
« Là, je ne vais pas très vite puisque je n’ai pas de voile de portant. J’avance dans 15 à 18 nœuds avec un vent qui vient de l’axe. Je pense que je vais arriver demain matin. La pression est en train de redescendre, j’ai pu manger et bien dormi ce que je n’avais pas fait depuis le départ. On avait prévu de toute façon un chantier à terre, on va donc pouvoir commencer les réparations rapidement ».
L’état d’esprit.
« Je sais que ça fait partie du jeu, qu’on navigue à bord de bateaux où il peut y avoir de la casse et des abandons. Ce sont des machines extrêmes que l’on pousse très fort, ça peut arriver. C’est un aspect que j’ai bien intégré donc mon moral n’est pas trop touché. Je préfère que ça arrive maintenant plutôt qu’en fin d’année ou au Vendée Globe ! Les plus grandes réussites et les victoires se construisent sur le long terme et passent par des échecs. On va se remettre au boulot et revenir plus fort ! »
REACTIONS.
Alain Leboeuf, Président de la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne, du Vendée Globe et du Département de la Vendée : « Nous sommes forcément tous déçus pour cet abandon prématuré. Au-delà de l’aspect sportif, nous sommes rassurés de savoir que la situation est sous contrôle et que Corentin fait route en sécurité vers son port d’attache. Il avait pris son premier départ en IMOCA en solitaire des Sables-d’Olonne ce dimanche et nous connaissons ses qualités et son talent. Nous l’attendons bien entendu aux Sables-d’Olonne en 2028 pour vivre avec lui la prochaine édition du Vendée Globe. »
Sam Goodchild, skipper de MACIF Santé Prévoyance (actuel leader) : « Je suis triste pour Coco. C'est dommage de le voir faire demi-tour. Il naviguait vraiment bien et il avait réalisé un très beau début de course. Perdre un concurrent comme ça, c'est toujours dommage. Mais je suis certain qu'il reviendra plus fort. »