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De la magie dans l’air au cercle polaire

Ils l’ont fait ! Pour la première fois, des skippers IMOCA ont atteint en course le cercle polaire. Sam Goodchild, Elodie Bonafous, Violette Dorange et Ambrogio Beccaria l’ont franchi hier, Francesca Clapcich dans la nuit, tandis que Nico d’Estais et Arnaud Boissières le franchissent cet après-midi. Un moment marquant dans un décor aussi brut qu’inhospitalier.

À bord de MACIF Santé Prévoyance.
© DR

Dans le jardin secret des passionnés d’aventure, il y a des mots qui résonnent un peu plus fort et qui concentrent à eux seuls l’imagination et le rêve. Une courte liste où se trouvent forcément quelques déserts, des cimes de montagne qui tutoient le ciel et des caps qu’on a longtemps pensé infranchissables. Et puis il y a des points (point Nemo) et des traits dont le cercle polaire arctique. Une longue ligne de 15 985 km, au-dessous de laquelle les terres sont si rares (le nord de la Sibérie, le Groenland, l’extrême nord du Canada) et les hommes rarement de passage. 

« Ici, c’est gris, gris, gris »

En s’élançant depuis les Sables-d’Olonne, dimanche dernier, les skippers de la Vendée Arctique savaient qu’ils disputeraient un peu plus qu’une course en devenant les premiers marins en course et en solitaire à franchir ce fameux cercle polaire. Depuis la terre, les amateurs d’aventure et de course au large imaginaient déjà l’éclat du soleil de minuit, des couchers de soleil à couper le souffle éclairant un ciel bleu immaculé.  

Mais c’est un tout autre paysage que les marins ont décrit. « Ici, c’est gris, gris, gris », expliquait hier matin le leader Sam Goodchild. « C’est une espèce de brouillard et de bruine où il n’y a quasiment pas de visibilité, corrobore Elodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner). Franchement, c’est une ambiance un peu lugubre ». « Le paysage est totalement lunaire », dit également Violette Dorange. Nico d’Estais (Café Joyeux) fait le même constat : « tout est gris, l’eau, le ciel, les nuages… C’est cinquante nuances de gris mais version tout public ! » Arnaud Boissières assure que « d’un seul coup, tout est devenu très couvert. On ne voit pas grand-chose mais il fait vraiment frais ». 
 


« On a fait quelque chose d’important. On est montés vraiment très au nord, dans des endroits où l’on ne va pas tous les jours. Aujourd’hui on peut dire : ça y est, on l’a fait !

Ambrogio Beccaria
ALLAGRANDE MAPEI

Vivre le passage du cercle polaire en direct avec Elodie

« Quelque chose d’un peu hors du commun » 

La chute du mercure – autour de 6 à 7°C dans l’air, 5°C dans l’eau - est une réalité à laquelle il a fallu faire face. « Ce n’est pas glacial mais c’est un froid qu’il faut gérer », reconnaît Arnaud Boissières. Nico d’Estais est plus catégorique en parlant de « froid qui te pénètre jusqu’aux os ». Violette Dorange explique elle aussi « avoir beaucoup grelotté ». « Nota bene pour le Vendée Globe : partir avec plusieurs sacs de couchage », sourit Élodie. Elle évoque aussi l’intérieur du bateau où « tout est trempé ou semi-trempé ». L’air est « chargé à 100% d’humidité » assure Nico quand Sam décrit « une forte condensation partout à l’intérieur du bateau »

Quoi qu’il en soit, tous ont l’impression d’avoir « fait quelque chose d’un peu hors du commun » dixit Élodie. « On est montés vraiment très au nord, dans des endroits où l’on ne va pas tous les jours, se réjouit Ambrogio Beccaria. Aujourd’hui on peut dire : ça y est, on l’a fait ! » Ce vendredi matin, Arnaud Boissières continuait à progresser vers le cercle polaire. Il a une belle expression pour résumer ce challenge en parlant de « parcours initiatique ». Ainsi voguent les skippers de la Vendée Arctique qui conserveront précieusement ce petit morceau d’histoire au fond de leur mémoire. 

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Vacation du 12 juin avec Elodie Bonafous


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