Le coup dur pour Élodie Bonafous
Comme si cette fin de parcours n'était pas déjà suffisamment incertaine, un autre élément est venu s'inviter dans l'équation. Hier, le jury a rendu sa décision concernant Élodie Bonafous après son passage dans le DST North Channel, dispositif de séparation du trafic situé dans le canal du Nord entre l'Irlande et l'Écosse. À l'issue de l'instruction, la navigatrice d'Association Petits Princes – Quéguiner s'est vu infliger douze heures de pénalité. Celle-ci devra être effectuée sur l'eau, selon un protocole précis, soit avant le 50°20 Nord, soit après le passage de l'île de Sein. La nouvelle a été difficile à encaisser pour la Finistérienne, qui venait de reprendre la deuxième place grâce à son option par la mer d'Irlande et réalisait jusqu'ici une course de très haut niveau. « Quand j'ai appris la sanction, je suis tombée de très haut », a-t-elle confié. « Depuis, je navigue avec un mélange d'incompréhension, de frustration et, je dois bien l'avouer, un peu de colère. » Elle ne conteste pas son erreur : « Je suis totalement en accord avec le fait que je suis entrée dans une zone interdite. C'est une erreur de ma part. » Reste désormais à composer avec les conséquences de cette décision. « L'idée de devoir m'arrêter pendant douze heures et regarder les autres passer est extrêmement difficile à accepter. Rien que d'en parler, ça me serre le ventre. » À quelques heures de l'arrivée, cette pénalité modifie profondément les équilibres dans le groupe de poursuite.
Une arrivée qui promet des étincelles
En résumé, à l'approche des Sables d'Olonne, les certitudes se font aussi rares que le vent annoncé dans le golfe de Gascogne. Les routages continuent de raconter des histoires différentes. Certains accordent encore un léger avantage à Sam Goodchild. D'autres esquissent un regroupement spectaculaire aux portes de l'arrivée. Une chose, en revanche, ne fait guère de doute : personne n'a rangé ses ambitions. Violette Dorange guette la moindre opportunité de revenir dans le jeu. Ambrogio Beccaria avance sans s'emballer mais reste parfaitement placé. Francesca Clapcich, elle, a déjà choisi d'attaquer : « Si je me contente de faire exactement la même chose que les autres, cela ne fonctionnera probablement pas. » Au fond, c'est peut-être ce qui rend cette fin de Vendée Arctique si fascinante. Après plus d'une semaine de course, des centaines de milles avalés, des passages engagés, des choix majeurs autour de l'Irlande, des fronts, de la fatigue et des nuits trop courtes, personne n'est encore en mesure d'affirmer comment cette histoire va se terminer. Il y a quelque chose de délicieusement paradoxal à voir une telle aventure se jouer dans si peu de vent. Comme si l'Atlantique, après avoir bousculé les marins pendant des jours, leur imposait une dernière épreuve : celle de la patience. Pendant une grosse semaine, ils ont tenté de forcer le destin. Dans les dernières heures, il leur faut désormais composer avec lui.