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Elodie Bonafous : « Une ligne sur la carte, un monde à découvrir »

Certaines courses se préparent avec des certitudes. D'autres avec beaucoup plus de questions. C'est précisément ce qui séduit Elodie Bonafous à l'approche de la Vendée Arctique 2026.

Elodie Bonafous

Plus au nord qu'elle n'a jamais navigué, plus longtemps seule en mer qu'elle ne l'a jamais été, confrontée à des situations inédites : la skipper d'Association Petits Princes – Quéguiner aborde cette aventure avec autant d'enthousiasme que de curiosité.

L'appel de l'inconnu

Pour beaucoup de marins, certaines destinations exercent une forme de fascination. Pour Elodie Bonafous, ce cap fixé à 66° Nord appartient clairement à cette catégorie — une latitude qu'elle n'a jamais approchée et qui nourrit déjà son imagination.

« Franchement, c'est quand même assez ouf. Je crois que personne n'est déjà allé aussi au nord en IMOCA. »
— Elodie Bonafous

La remarque prend encore davantage de relief lorsque cette latitude est reportée dans l'hémisphère sud : elle se situe plus au sud que le cap Horn. « Quand Arnaud Boissières l'a expliqué il y a quelques jours, ça m'a vraiment fait prendre conscience de ce que cela représentait. » Mais plus que le symbole géographique, c'est tout ce qui l'accompagne qui l'attire : les paysages, les températures, les lumières, les états de mer — autant d'éléments qui viendront progressivement transformer le décor habituel des marins de l'Atlantique.

Association Petits Princes - Quéguiner

Sortir du connu

S'il y a une chose qui enthousiasme particulièrement la navigatrice finistérienne, c'est l'idée de naviguer sans véritable mode d'emploi.

« On va dans un endroit qu'on ne connaît pas. Les systèmes météo que l'on va rencontrer, la façon dont la course va se courir, les choix qu'il faudra faire… tout est complètement inédit. »
— Elodie Bonafous

Dans une discipline où l'expérience accumulée constitue souvent un avantage précieux, cette aventure redistribue en partie les cartes : personne ne possède de véritable historique sur lequel s'appuyer. « Sur une carte, ce n'est qu'une ligne de latitude. Mais pour nous, cela représente un territoire que nous n'avons jamais fréquenté, avec des lumières, des conditions totalement nouvelles. »

Plus qu'un simple aller-retour vers le nord, cette navigation impose également une façon de penser différente : construire sa course en regardant devant soi tout en gardant déjà un œil sur le chemin du retour.

« La mécanique de réflexion est très différente de ce que l'on connaît habituellement. Je pense qu'on va découvrir énormément de choses. »
— Elodie Bonafous

Une nouvelle dimension en solitaire

Ce rendez-vous marque également une étape importante dans le parcours de la jeune navigatrice. Jusqu'ici, ses expériences les plus longues en solitaire se comptaient sur les doigts d'une main.

« Le plus longtemps que j'ai régaté seule, c'était cinq ou six jours en Figaro Beneteau. Là, on part pour une dizaine de jours. »
— Elodie Bonafous

Pendant près d'une semaine et demie, il faudra naviguer, analyser, réparer, dormir, décider et avancer seule, tout en composant avec des conditions susceptibles d'évoluer constamment.

« Je pense qu'on va vraiment voir de tout. Du très compliqué comme du très plaisant. J'ai l'impression que c'est une course qui va nous faire passer par plein d'états différents. »
— Elodie Bonafous

Les souvenirs que l'on rapporte du large

Depuis plusieurs semaines, Elodie Bonafous prépare minutieusement cette échéance : vêtements adaptés au froid, procédures de sécurité, matériel embarqué, vérifications techniques — rien n'est laissé au hasard. Mais lorsqu'elle imagine ce qu'elle retiendra de cette expérience, ce ne sont pas les chiffres ou les classements qui viennent spontanément à l'esprit.

« Je pense qu'à la fin, il va être difficile de résumer tout ce qu'on aura vécu tant cette course promet d'être riche. On va vivre des trucs incroyables. Je le sens déjà. »
— Elodie Bonafous

« Même les moments moins agréables auront leur place dans l'aventure. Sur le coup, on les apprécierait sans doute un peu moins. Mais avec du recul, ils font souvent partie de ce qui donne du relief à ce que l'on a vécu. »
— Elodie Bonafous

Bien sûr, il y aura une compétition de haut niveau, des choix stratégiques déterminants et une bataille sportive intense. Mais il y aura aussi quelque chose de plus personnel : la possibilité d'aller voir ce qui se cache derrière cette ligne tracée sur une carte. Et lorsque la flotte reviendra du nord, chacun rapportera un résultat. Elodie, elle, espère revenir avec un peu plus encore : de nouveaux repères, de nouvelles images et quelques fragments d'expérience impossibles à saisir depuis la terre.

Retrouvez le profil complet d' Elodie Bonafous et toutes les actualités de la Vendée Arctique 2026 sur le site officiel.

Interview Élodie BONAFOUS | Vendée Arctique - Les Sables d'Olonne 2026

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