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Et dans tous les esprits, Charlie

Le souvenir du vainqueur du dernier Vendée Globe était partout, ce mardi matin, alors que les quatre premiers ont descendu le chenal et suivi le protocole des arrivées. Une émotion palpable dans le sillage des premiers skippers, dont Sam Goodchild, à la barre de MACIF Santé Prévoyance, l'ancien bateau de Charlie. Retour sur une matinée où les hommages, simples et poignants, étaient partout.

À l'arrivée ce mardi matin.
© Jean-Louis Carli - polaRYSE / Nefsea / SAEM Vendée

En cette fin de matinée, il continue de flotter et de claquer dans le vent, indifférent à l'écho des haubans et aux haut-parleurs de la Vendée Arctique. Ce pavillon noir, hissé à bord de MACIF Santé Prévoyance, semble remplir l'espace. Et parce que le ciel a décidé aussi d'être dans la retenue ce matin, bas, blanc et grisonnant, tout semble si fade. Le constat est palpable partout : les façades de la Chaume sont ternes, les oriflammes du ponton aussi et même les coques des bateaux n'ont plus l'éclat qu'on leur connaît. Il ne reste donc que lui, que ce grand tissu noir qui flotte et qui claque à n'en plus finir.

Entre retenue et émotions

On n'entendait presque que lui, déjà, quand l'IMOCA MACIF Santé Prévoyance s'est engouffré dans le chenal vers 7 h 30. Sam Goodchild s'est certes plié aux gestes de circonstance - sortir, saluer la foule - mais le public avait bien compris que le cœur n'y était pas. Ces derniers jours, il avait résisté à la tristesse en moulinant, en enchaînant les manœuvres, en focalisant son esprit sur cette machine que Charlie avait longuement façonnée. 

En retrouvant la terre, Sam et les marins de la Vendée Arctique savaient qu'ils devraient affronter la dureté des émotions suscitées par la disparition de Charlie. À deux reprises dans une interview revenant sur sa course, Ambrogio Beccaria, le vainqueur de la Vendée Arctique 2026, reconnaît qu'il "y a bien plus grave". Autour du chenal et sur les pontons, Charlie est partout, dans les bouts de phrases, les regards parfois embués, les silences aussi. Un temps suspendu, presque figé, la certitude que cette remontée du chenal, cette arrivée sur les pontons, ne ressembleraient à aucune autre.

À l'arrivée ce mardi matin.
© Jean-Louis Carli - polaRYSE / Nefsea / SAEM Vendée

“Merci Charlie”, sur les brassards et dans les coeurs

Sur les pontons, Sam, tant habitué à affronter ce que la mer a de plus dur,  se contient et tente de mettre des mots sur ce qui ne se dit pas. Il dit "penser à la famille de Charlie", parle d'un "moment très dur" et assure que son "esprit est forcément ailleurs". Chez les membres de l'équipe MACIF Santé Prévoyance, des étreintes silencieuses, des mots rares : leur présence suffit.

Comme pour réchauffer un peu les cœurs, les bénévoles de la Vendée Arctique et le public, venu en nombre ce matin, ont formé une haie d'honneur jusqu'au podium. Des applaudissements nourris, qui s'ajoutent à toutes les autres intentions : les brassards noirs « Merci Charlie » portés par les membres de l'organisation et les teams, les rubans blancs distribués au public. Au fil de cette matinée, d'autres bateaux sont arrivés, eux aussi avec des pavillons en berne. 

Après Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) et Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance), Violette Dorange (Initiatives-Cœur), Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) et Francesca Clapcich (11th Hour Racing) ont à leur tour amarré. Toutes et tous ont un mot pour Charlie. Et puis ils ont aussi raconter la course, la régate, les conditions intenses et le final à couper le souffle... En somme, ils ont parlé de compétition avec envie et emphase. Peut-être qu'il y avait là, au creux de leurs analyses encore à chaud du combat mené là-bas, le plus beau des hommages à Charlie Dalin, ce passionné de toujours de la course et du large.


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