SA COURSE EN CHIFFRES
Arrivée à 09 h 03
Temps de course : 8 jours 20 heures 31 minute et 11 secondes
Écart au premier : 6 h 25 min 21 sec
Trajet parcouru : 3272.27 nm
Vitesse moyenne : 15,4 nœuds
SA COURSE EN BREF
Pour Francesca Clapcich, cette Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne avait tout d'un grand saut dans l'inconnu. Première confrontation avec les hautes latitudes à bord d'un IMOCA, découverte du cercle polaire arctique en solitaire, plus longue course seule en mer de toute sa carrière : les défis ne manquaient pas. Pourtant, jamais la navigatrice italo-américaine n'a semblé intimidée par l'ampleur de la tâche.
Une étape symbolique dans sa progression
Dès les premiers jours, elle s'est appliquée à construire sa course avec méthode. Au contact du groupe de tête, elle a progressivement pris ses marques dans un environnement aussi exigeant que fascinant. Comme sept autres concurrents, elle a franchi le cercle polaire arctique et fait désormais partie de cette première génération de marins IMOCA à avoir porté leurs bateaux au-delà des 66° Nord en solitaire et en course. Une étape symbolique qu'elle a savourée avec l'enthousiasme qui la caractérise.
La suite a surtout mis en lumière l'une de ses grandes forces : sa capacité à rester mobile dans sa tête. Dans une course où les scénarios n'ont cessé d'évoluer, Francesca Clapcich s'est appliquée à naviguer sans s'enfermer dans ses certitudes. Au large de l'Irlande comme dans les transitions météo qui ont jalonné la descente, elle a constamment réévalué ses options, accepté de revoir ses plans et cherché à comprendre avant de réagir. Une qualité précieuse dans une épreuve où s'obstiner est souvent plus coûteux que changer d'avis.
Mais ce qui restera peut-être le plus marquant de cette semaine en mer, c'est l'état d'esprit affiché par la navigatrice. Même dans la fatigue, au cœur des manœuvres, des nuits trop courtes et après avoir dû gérer une rencontre aussi soudaine qu'indésirable avec un filet de pêche, son enthousiasme est resté intact. « J'aime courir, j'aime naviguer et j'aime être ici », répétait-elle encore à quelques heures de l'arrivée. Une philosophie qui l'a accompagnée jusqu'aux derniers milles, lorsqu'elle refusait encore de suivre les autres pour tenter ses propres coups.
Cinquième à l'arrivée, Francesca Clapcich ne repart pas seulement avec un résultat solide. Elle repart surtout avec une somme d'expérience considérable. Plus d'une semaine seule à bord, des conditions parfois musclées, le Grand Nord, la gestion de la fatigue, les choix stratégiques et une bataille permanente avec des marins particulièrement aguerris : autant d'enseignements précieux dans sa montée en puissance vers ses grands rendez-vous à venir.
A son arrivée, Francesca fait néanmoins l'objet d'une pénalité de 30 minutes pour rupture de plomb. Son temps de course est désormais de 8 jours 20 heures 31 minute et 11 secondes.
SA PREMIÈRE RÉACTION
« Je suis très fatiguée, je n’ai pas dormi depuis près de 24 heures. J’ai essayé de rattraper mon retard jusqu’au bout. Ce qui compte, surtout, c’est que j’ai gagné en confiance en moi et dans mon bateau. C’est un très bon apprentissage dans une course très particulière. C’était très spéciale d’atteindre le cercle polaire, de se rendre dans cet endroit étrange avec du froid, du brouillard et l’impression étrange de s’y sentir extrêmement seule. »