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Le chenal, des Sables d'émotions

Ce dimanche, les neuf skippers ont descendu le chenal, ce stade à ciel ouvert qui ne laisse jamais indifférent. Un moment magique et hors du temps qui dit beaucoup de l’affection du public pour ces téméraires qui filent vers le large. Les marins racontent.

Au départ, à bord d'Initiatives-Coeur.
© Jean-Louis Carli - polaRYSE / Nefsea / SAEM Vendée

La Vendée Arctique s’amuse à jouer avec les nerfs et les émotions. Pour sa troisième édition, la course est un rendez-vous en terre inconnue, avec le cercle polaire à dépasser avant de revenir. L’appréhension sera palpable sur les bateaux, peut-être dès ce lundi après-midi, quand le vent va se renforcer et que l’attention se devra d’être maximale. Les skippers seront pleinement à leur tâche, veillant à chaque détail, chaque réglage pour continuer leur progression. Le départ sera déjà loin, déjà rangé au chaud dans la boîte à souvenirs. Pourtant à terre, où la temporalité est si différente, les souvenirs sont forcément intenses pour tous ceux, spectateurs comme les téléspectateurs, qui y ont assisté.

« C’est toujours un moment magique »

On ne doute pas que nombre d’entre eux ont dû se pincer, ou vérifier la date sur leur téléphone, pour réaliser qu’ils n’avaient pas fait un saut dans le passé (à l’arrivée du Vendée Globe 2024-2025) ou dans le futur (à la prochaine édition, 2028-2029). Parce qu’il y avait forcément un goût de Vendée Globe ce dimanche en voyant ces images chargées d’esprit de fête et d’émotion. Le décor ? Une foule massée tout autour du chenal, une chaîne humaine sur 2 kilomètres, quelques fumigènes, des milliers d’encouragements ainsi qu’une douce et longue clameur.  
Face à eux, neuf marins, le sourire en bandoulière pour faire oublier l’appréhension d’après, pour un shoot pur de bonheur et d’adrénaline. « C’est toujours un moment magique », confie Francesca Clapcich (11th Hour Racing). Je l’avais déjà vécu en Figaro Beneteau lors de la Solo Maître Coq il y a quelques années. Mais là, le revivre à bord d’un IMOCA, c’est assez incroyable. Ça donne des frissons. » 
 

Jour J : direction le grand Nord ! | Vendée Arctique Les Sables d’Olonne 2026

Ça m'a beaucoup plus touchée que je ne l'aurais imaginé. Revoir autant de monde m'a immédiatement replongée dans les souvenirs du Vendée Globe.

Violette Dorange
Initiatives-Cœur

« On ne s’habitue jamais à ça » 

Francesca n’était pas la seule à vivre cette première. Nico d’Estais aussi l'a découvert  hier : « C’était vraiment incroyable. Il y avait beaucoup de monde, de nombreux coéquipiers Café Joyeux, c’était unique et émouvant. » Même son de cloche pour Corentin Horeau (MACSF) : « Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de monde. C’était vraiment un moment fun et génial à vivre. » 

Même ceux qui l’ont déjà vécu il y a deux ans au Vendée Globe n’ont pas été insensibles à ces deux kilomètres de chenal. « On ne s’habitue jamais à ça », sourit Manu Cousin (Coup de Pouce). Installé aux Sables-d’Olonne, il arpente pourtant régulièrement le chenal. « C’est de l’émotion et du plaisir à l’état pur. Ça donne envie de s’arrêter et de dire merci à chacun d’être venu. » Violette Dorange (Initiatives-Coeur), elle, s’est dite également « très touchée », « plus qu’elle ne l’aurait imaginé ».  La jeune navigatrice évoque un moment « très émouvant » et assure « avoir quasiment pleuré tout du long ». « J’ai vraiment pris le temps de vivre ce moment pleinement, poursuit la navigatrice d’Initiatives-Cœur. Revoir autant de monde m’a immédiatement replongée dans les souvenirs du Vendée Globe. »

« Ils nous donnent beaucoup de courage » 

Le plus connu des tours du monde était forcément dans toutes les têtes à plus de deux ans du prochain départ, le 12 novembre 2028. « Ça permet d’imaginer un peu ce que ça doit représenter lors du départ du Vendée Globe », corrobore Francesca. « On se rend compte à quel point ça doit être quelque chose de fort quand il y a encore plus de monde », abonde Corentin Horeau. 
En attendant, les applaudissements et les encouragements d’hier ont une réelle plus-value pour les marins. « Tous ces spectateurs nous donnent beaucoup de courage », confie Nico d’Estais. « On prend au maximum cette énergie positive et on sait qu’on s’en servira pour tenir », ajoute Manu Cousin. Plus les conditions seront difficiles, le froid tenace et la fatigue présente, plus ces sourires du départ compteront pour tenir et ne jamais rien lâcher.  

Lors de la descente du chenal.
© Jean-Louis Carli - polaRYSE / Nefsea / SAEM Vendée

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