La Vendée Arctique s’amuse à jouer avec les nerfs et les émotions. Pour sa troisième édition, la course est un rendez-vous en terre inconnue, avec le cercle polaire à dépasser avant de revenir. L’appréhension sera palpable sur les bateaux, peut-être dès ce lundi après-midi, quand le vent va se renforcer et que l’attention se devra d’être maximale. Les skippers seront pleinement à leur tâche, veillant à chaque détail, chaque réglage pour continuer leur progression. Le départ sera déjà loin, déjà rangé au chaud dans la boîte à souvenirs. Pourtant à terre, où la temporalité est si différente, les souvenirs sont forcément intenses pour tous ceux, spectateurs comme les téléspectateurs, qui y ont assisté.
« C’est toujours un moment magique »
On ne doute pas que nombre d’entre eux ont dû se pincer, ou vérifier la date sur leur téléphone, pour réaliser qu’ils n’avaient pas fait un saut dans le passé (à l’arrivée du Vendée Globe 2024-2025) ou dans le futur (à la prochaine édition, 2028-2029). Parce qu’il y avait forcément un goût de Vendée Globe ce dimanche en voyant ces images chargées d’esprit de fête et d’émotion. Le décor ? Une foule massée tout autour du chenal, une chaîne humaine sur 2 kilomètres, quelques fumigènes, des milliers d’encouragements ainsi qu’une douce et longue clameur.
Face à eux, neuf marins, le sourire en bandoulière pour faire oublier l’appréhension d’après, pour un shoot pur de bonheur et d’adrénaline. « C’est toujours un moment magique », confie Francesca Clapcich (11th Hour Racing). Je l’avais déjà vécu en Figaro Beneteau lors de la Solo Maître Coq il y a quelques années. Mais là, le revivre à bord d’un IMOCA, c’est assez incroyable. Ça donne des frissons. »