Bientôt, on en parlera comme d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Celui où la présence des femmes sur les pontons était rare, moquées et pas prise au sérieux. Florence Arthaud, unique navigatrice à avoir gagné la Route du Rhum (en 1990), expliquait dans un de ses livres : « le fait d’être la seule femme m’a toujours mis en compétition avec les autres et j’ai dû répondre aux pires des attaques ». Plus d’un quart de siècle plus tard, la réalité des pontons est tout autre et cette Vendée Arctique 2026 en est l’une des meilleures illustrations.
D’Arthaud à Mettraux, le temps des pionnières
Il a fallu du temps pourtant pour que les mentalités évoluent. La place des femmes en course au large doit beaucoup au courage et à la ténacité de pionnières qui ont su s’imposer par leur talent et leur performance. Dans le sillage de Florence Arthaud, il y a la légende Tracy Edwards qui avait constitué le premier équipage 100% féminin lors de la Volvo Ocean Race (ex-The Ocean Race). Le Vendée Globe a également propulsé des navigatrices en haut de l’affiche. Catherine Chabaud et Isabelle Autissier ont été les premières à tenter leur chance (1996-1997) avant qu’Ellen MacArthur ne tutoie la victoire, restant la seule à être montée sur un podium (2000-2001). Lors des deux dernières éditions (2020-2021 et 2024-2025), elles étaient six sur la ligne de départ.
Progressivement, les performances se sont améliorées : Clarisse Crémer a été la femme la plus rapide autour du monde en 2020 (87 jours et 2 heures) avant de céder sa place à Justine Mettraux (76 jours et 1 heure) il y a deux ans. « Ce qui change, c’est que nous avons désormais des projets compétitifs », expliquait alors Justine Mettraux. Un peu avant le Vendée Globe, Samantha Davies s’était également signalée en montant sur le podium de The Transat CIC (3e). Cette nouvelle édition de la Vendée Arctique s’inscrit donc dans cette lignée et le trio Bonafous-Dorange-Clapcich se présente avec ambition.