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En partenariat avec Institut Polaire Français

Les recherches scientifiques menées aujourd’hui dans l’Arctique

Alors que les premiers skippers ont franchi le cercle polaire, les regards ne sont pas seulement tournés vers les marins. Sur terre, dans les airs et au cœur des écosystèmes du Grand Nord, chercheurs et chercheuses mènent des missions essentielles pour décrypter les bouleversements qui affectent l’Arctique. Climat, biodiversité, modes de vie des populations locales : autant de sujets au cœur des recherches conduites dans l’une des régions les plus sensibles au changement climatique.

Institut polaire français
© Lucie Bonhomme

Les enjeux scientifiques portés par la région Arctique sont nombreux : elle a un rôle sur les courants océaniques et atmosphériques, accueille des glaciers, calottes glaciaires et du pergélisol ainsi qu’une biodiversité unique. L’Arctique est donc un territoire unique, et de surcroît particulièrement sensible aux impacts du changement climatique et de l’accroissement des activités humaines. Les sujets de prédilection des chercheuses et chercheurs qui s’y intéressent sont donc non seulement extrêmement variés mais également particulièrement d’actualité.

À l’heure où les skippers s’approchent du cercle polaire arctique, la région est le théâtre de multiples projets scientifiques dont voici quelques exemples : 

À Ny-Ålesund, au Svalbard, l’équipe du projet ARCSNOW s’intéresse aux interactions entre l’atmosphère et le manteau de neige qui recouvre le sol de la région. La neige joue en effet un rôle crucial dans le climat arctique et par extension dans le climat mondial, notamment via le phénonème d’albédo, or les changements climatiques impactent particulièrement les types de précipitations que connaît le Svalbard, région du globe se réchauffant le plus vite. Les scientifiques cherchent donc à en savoir plus sur l'évolution des propriétés physiques et chimiques de la neige au sol, en particulier pendant les périodes de fonte.

UMR EDYTEM – CNRS - Université Savoie Mont Blanc
© © Nina Parmentier

Il existe de nombreuses manières d’étudier la biodiversité de l’Arctique. L’équipe du projet SOCAP a choisi la voie acoustique : un réseau de 12 stations couvrant un gradient latitudinal allant de la la forêt boréale à la toundra de l’extrême Arctique au Canada, enregistrent les chants des oiseaux, quotidiennement au lever du jour et en continu lors de certains pics d’activité vocale. Les chercheurs en déduisent chaque année les dates d’arrivée des oiseaux migrateurs et observent également les réassemblages des communautés dans le temps et l’espace, qu’ils peuvent mettre en parallèle avec le changement climatique.

L’approche du projet SexualRepro Arctic est, elle, plus spécifique à une espère d’oiseau en un lieu. Depuis une vingtaine d’année, une population de mouettes tridactyles installées sur une tour abandonnée de l’île Middleton (Alaska) est étudiée en particulier pour connaître les caractéristiques qui influent le choix d’un partenaire lors de la reproduction. Les scientifiques s’intéressent aujourd’hui au rôle du microbiote reproducteur sur l’état de santé et les comportements de reproduction de ces mouettes. Des études d’autant plus précieuses que les recherches sur le microbiome reproductif des animaux sauvages sont rares, mais pourraient faire considérablement progresser les connaissances sur son importance dans la biologie et l’évolution de oiseaux.

De leur côté, les membres de l’équipe GREENFOOD ne s’intèressent pas aux populations d’oiseaux, mais bien aux habitants du Groenland. Leur objectif est d’étudier la manière dont les populations groelandaises adaptent leurs modes de production et de consommation alimentaire face aux changements de l’environnement arctique, mais également aux modifications du contexte socio-économique (mondialisation, augmentation des prix, perte des savoirs et savoir-faire traditionnels, changement des habitudes alimentaires …). Quelle place est laissée aux aliments traditionnels issus de la chasse et de la pêche locale face aux produits importés ? Quel rôle joue la transmission du patrimoine composé de connaissances et de savoir-faires liés à ces modes d’alimentation traditionnels dans le maintien des liens avec les racines inuits des populations autochtones ? – font partie des questions auxquelles les scientifiques cherchent à répondre.


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