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Richomme, Beyou, Simon, Dutreux, Sorel… Ils racontent la Vendée Arctique

S’ils sont neuf skippers sur la ligne de départ, les autres skippers IMOCA suivront attentivement la course. Son parcours inédit, les difficultés des conditions traversées, la capacité à s’en sortir… Ils décryptent ce qui leur plaît dans cette course aussi atypique qu’enthousiasmante.

Au village de la Vendée Arctique.
© Eloi Stichelbaut - polaRYSE / Nefsea / SAEM Vendée

Yoann Richomme : « un challenge dingue » 
Skipper Paprec, 2e du dernier Vendée Globe 

« C’est un challenge dingue de vouloir atteindre le cercle arctique en IMOCA. C’est un pari assez osé, qui est d’autant plus compliqué que le parcours traverse le chemin de dépression qui balaie l’Atlantique Nord. On est à un moment de l’année où ces dépressions finissent plus sur les îles britanniques que sur l’Europe… En somme, les marins sont quasiment sûrs de devoir affronter des conditions très engagées. Il y aura aussi du petit temps, des transitions, ça va être très complet. La plupart des couples skipper/IMOCA sont relativement jeunes donc ce sera un bon test pour se mesurer à des conditions plus rudes. Il faudra être précautionneux avec les machines, d’autant qu’ils seront dans des zones très isolées comme ça peut être le cas à certains passages du Vendée Globe. Beaucoup vont découvrir l’IMOCA à foils dans les tempêtes : ça forgera chez chacun d’entre eux une expérience précieuse pour la suite. »  

Jérémie Beyou : « une course qui demande beaucoup de polyvalence »
Skipper Charal, 4e du dernier Vendée Globe, 1er de la Vendée Arctique 2020, 2e de la Vendée Arctique 2022

« C’est une course assez particulière, très différente d’une transatlantique. On ne va pas vers les phénomènes qui viennent de l’Ouest et on va plus les traverser sans pouvoir adapter les trajectoires. On subit donc un peu plus les phénomènes météo qu’on ne les évite. La Vendée Arctique est une course où les conditions météo sont très variées. Elle demande beaucoup de polyvalence et une gestion fine de la météo. Elle peut aussi être longue, ça reste un très bel exercice pour le solitaire. Celui qui gagnera sera assurément un marin très complet. Lors des deux précédentes éditions, ça avait été une belle bagarre avec Charlie Dalin et Thomas Ruyant. Ce sont des courses rudes pour de bons régatiers et des marins très aguerris. Ça va être sympa de voir qui va l’emporter cette année ! » 

Terre-Adélie
© Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF)

Je trouve ça dingue de savoir que les skippers décident de leur trajectoire. C’est novateur, on ne sait pas à quoi s’attendre !

Benjamin Dutreux

Benjamin Dutreux : « ça donne envie d’être audacieux ! » 
Skipper 4Cad – Eole Performance, 9e du Vendée Globe 2020-2021, 11e de la Vendée Arctique 2022

« On retrouve dans la Vendée Arctique le vrai esprit d’aventure du Vendée Globe. Sauf que là, c’est en mettant le cap sur le Nord ! Le souvenir que j’ai de la dernière édition, c’est que ce n’est pas l’humain qui dicte la course mais la météo. Il faut savoir faire face à l’imprévu. Ce qui m’a marqué dans le Nord, c’est la vitesse à laquelle les systèmes météo progressent, beaucoup plus rapides que ce dont on a l’habitude d’affronter. L’air froid est dense et là-haut, tout est costaud : 20 nœuds de vent, on le ressent comme 30 nœuds là-bas ! Par ailleurs, je trouve ça dingue de savoir que les skippers décident de leur trajectoire. C’est novateur, on ne sait pas à quoi s’attendre. Si j’y participais, je crois que ce format de course me donnerait envie d’être audacieux, de faire preuve de fougue et de malice ! » 

Sébastien Simon : « ce n’est pas seulement une course » 
Skipper Groupe Dubreuil, 3e du dernier Vendée Globe

« Évidemment, c’est une course qui donne envie, d’autant qu’elle part de la maison ! J’ai hâte de voir quel sera le scénario de la course. Il y a de grandes chances qu’ils rencontrent des dépressions sur leur route, je suis curieux de savoir si la flotte va s’éparpiller ou se suivre. Ils vont avoir des allures très variées et beaucoup de transitions à gérer. Quoi qu’il en soit, ça fait toujours plaisir de voir un bel événement partir d’ici, des Sables-d’Olonne ! Il y a un village qui attire du public et des amis m’ont parlé du magnifique spectacle de drones qui a eu lieu le week-end dernier. Ce n’est pas seulement une course, c’est aussi un événement très qualitatif. Je suis sûr que la Vendée Arctique va continuer à grandir, plaire à un maximum de personnes et qu’elle aura un bel avenir ! » 

Maxime Sorel : « faire face à toutes sortes de conditions »
Skipper Le Dragon, 11e de la 1ère Vendée Arctique (2020), 10e du Vendée Globe (2020)

« Je me souviens très bien de la première édition en 2020. Le contexte était particulier : nous venions de sortir du premier confinement et j’avais très peu navigué. Avec du recul, ça paraît fou de partir avec si peu d’entraînement. Et d’un autre côté, nous étions particulièrement enjoués à l’idée de retrouver la compétition. C’était surprenant : il n’y avait pas eu de village, le départ avait eu lieu dans la discrétion et l’arrivée ne s’était pas tenue comme prévu (à cause des conditions météo, la course avait été arrêtée au large de l’Islande). Je me souviens qu’on avait dû faire face à toutes sortes de conditions. J’avais passé toute la garde-robe de voiles, ça avait été un super entraînement en vue du Vendée Globe qu’on avait disputé quelques mois plus tard. Et vu le contexte d’alors, on était super content d’être sur l’eau ! » 

Pos. Report #249 - Spécial Vendée Arctique avec Ambrogio Beccaria et Sam Goodchild

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