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De l’outsider au favori : nouveaux défis, nouvelle pression pour Sam Goodchild

Pas à pas, le skipper de MACIF Santé Prévoyance, Sam Goodchild, a bâti un impressionnant arsenal de compétences et de qualités qui lui ont permis de démontrer qu’il est désormais capable de remporter les plus grandes courses océaniques.

Il a délibérément navigué sur le plus grand nombre possible de supports de course différents, tirant de chacun des enseignements précieux. Des géants Ultim aux multicoques Ocean Fifty, dont il a été champion, en passant par l’exigeante monotypie Figaro, les Class40 et, bien sûr, plusieurs générations d’IMOCA.

Au sein du plateau actuel des skippers de tout premier plan qui seront au départ du prochain Vendée Globe, son parcours apparaît d’ailleurs quasiment unique.

Au-delà de ses compétences techniques et de ses qualités de marin, le double vainqueur de l’IMOCA Globe Series a également beaucoup travaillé sur son approche mentale, apprenant à rebondir après les déceptions et les revers, tout en forgeant la solidité psychologique indispensable pour maintenir un très haut niveau de performance, heure après heure, jour après jour, autour du monde.

Alors qu’il s’apprête à franchir pour la première fois le cercle polaire arctique à l’occasion de la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne, Goodchild reconnaît que l’un des principaux défis de cette course réside dans son nouveau statut de grand favori à la victoire. Il dispose du bateau, qu’il connaît désormais parfaitement. Il possède l’expérience et, après avoir remporté la première course en solitaire de la saison, il apparaît aujourd’hui comme la référence du plateau.

Être considéré comme le favori constitue une pression extérieure sur laquelle il travaille avec son préparateur mental.

À la barre de MACIF Santé Prévoyance, le bateau vainqueur du Vendée Globe avec Charlie Dalin, Goodchild, qui vient tout juste d’obtenir la nationalité française, explique : 

« L’aspect mental, c’est d’assumer cette pression liée au statut de favori et de réussir à répondre aux attentes qui en découlent. C’est quelque chose sur lequel je travaille. Lors de ma dernière campagne Vendée Globe, j’étais un outsider. Même l’an dernier, sur le projet MACIF Santé Prévoyance, nous sommes arrivés au dernier moment pour remplacer Charlie, ce qui vous donne, d’une certaine manière, quelques excuses si vous voulez. »


Mais plus un projet avance, moins vous avez d’excuses et plus la pression du résultat devient forte. Cette pression ne vient pas seulement de l’extérieur, elle vient aussi de moi-même et de toute l’équipe.

Sam Goodchild
MACIF Santé Prévoyance

Faire d’une faiblesse potentielle une force

Goodchild ne souhaite pas entrer dans les détails de son travail mental : 

« Je ne suis pas certain de vouloir en dire trop. Chacun travaille à sa manière, mais tout est dans la façon dont vous abordez cette pression, dont vous l’acceptez et dont vous la transformez en force plutôt qu’en peur paralysante ou en faiblesse. »

Le Britannique se concentre sur le renforcement de ses compétences en solitaire et sur les gains progressifs que seules les courses exigeantes permettent d’acquérir. Cette Vendée Arctique sera une épreuve de tous les instants, sans véritable répit, probablement l’un des plus grands tests de gestion personnelle du cycle du Vendée Globe.

« La gestion de soi est l’élément le plus essentiel. Ce sera probablement la partie la plus difficile de cette course. Nous allons évoluer dans des conditions en perpétuelle évolution avec des changements de voiles à enchaîner. Une grande partie du travail consiste à maintenir le bateau à pleine vitesse tout en sachant quand il est possible de se reposer et quand cela ne l’est pas. On peut très vite se désynchroniser, manquer un moment où l’on aurait dû dormir et se retrouver ensuite extrêmement fatigué au moment où une manœuvre incontournable se présente. On la réalise alors moins bien, puis on prend de mauvaises décisions. Avec ces conditions qui évoluent rapidement, lorsque l’on traverse un système météo ou que l’on y entre, on peut très vite perdre le rythme entre les périodes de repos idéales et les moments où il faut rester pleinement concentré, en essayant toujours de perdre le moins de temps possible. »

Vainqueur de la 1000 Race en début de saison et actuel champion de l’IMOCA Globe Series, Goodchild dispose d’un bateau parfaitement préparé qu’il considère particulièrement adapté aux conditions changeantes et aux nombreuses phases de transition qui jalonneront ce parcours vers l’Arctique et retour. Cette course exige de savoir changer de rythme avec fluidité et efficacité, d’anticiper la météo à venir et de préparer le bateau en conséquence. Grand amateur de Formule 1, Goodchild considère cette épreuve comme une course au format sprint, sans pour autant être une pure course de vitesse.

« Je suis convaincu que le bateau est performant dans les conditions de transition. Il existe un scénario où mon bateau pourrait être moins à l’aise dans une mer formée au portant. Si je n’ai pas de chance, nous pourrions rencontrer ce type de conditions pendant quarante-huit heures à la montée ou à la descente vers l’Arctique. Mais je pense que c’est assez peu probable. Les conditions devraient évoluer rapidement. Nous avons un bon bateau dans les phases de transition et je suis entouré d’une excellente équipe. Nous travaillons bien ensemble. Je connais parfaitement le bateau. Cela fait maintenant douze mois que je navigue dessus, avec un chantier hivernal entre-temps. Et nous avons disputé la course des 1 000 milles le mois dernier pour continuer à progresser ensemble. »

 

« Je suis gourmand : quand je vois de la nourriture, je la mange »

La perspective des températures froides ne préoccupe pas particulièrement Goodchild. Associée à une forte dépense physique, elle constitue néanmoins un défi supplémentaire : s’assurer d’un apport énergétique suffisant, jusqu’à 6 000 calories par jour. Un aspect que le skipper et les nutritionnistes de l’équipe ont optimisé avec soin.

« J’ai la chance d’être gourmand. J’ai un régime “see food” : quand je vois de la nourriture, je la mange. J’avale tout ce que je peux. Mais nous avons travaillé avec des nutritionnistes pour trouver les moyens les plus efficaces et les plus simples d’absorber toutes ces calories. Bien sûr, on peut manger l’équivalent de 1 000 calories en bonbons, mais cela ne vous mènera pas très loin. Il faut absorber ces calories intelligemment. On ajoute du fromage ou de l’huile aux repas, ce qui augmente considérablement leur apport énergétique, et on prévoit aussi des plats très riches en énergie. Personnellement, j’aime les choses simples : du beurre, des pâtes, de l’huile d’olive et du fromage. Cela fait déjà beaucoup. »

Et si naviguer sous un soleil qui ne se couche jamais évoque parfois les ambiances des polars scandinaves ou du film Insomnia, situé au cœur du cercle polaire arctique, Goodchild ne s’inquiète pas de ses capacités à dormir. La lumière permanente constitue néanmoins une variable supplémentaire sur laquelle l’équipe de MACIF Santé Prévoyance a travaillé.


« Nous serons fatigués, donc nous dormirons ! » sourit-il. « Mais oui, c’est quelque chose de nouveau, quelque chose de différent. Je n’ai jamais navigué aussi loin au nord. J’ai hâte de découvrir ces journées qui ne finissent jamais et le soleil de minuit. Voir la lumière du jour à minuit sera quelque chose d’assez extraordinaire. Je travaille avec un spécialiste du sommeil et la lumière joue évidemment un rôle majeur dans la qualité du repos. C’est donc un sujet sur lequel je travaille également. Mais je pense que nous serons suffisamment fatigués pour dormir. Je pense que tout se passera bien de ce côté-là ! »

Sam Goodchild
MACIF Santé Prévoyance

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