SA COURSE EN CHIFFRES
Arrivé le 16 juin 2026 à 03h07
Temps de course : 08 jours 14 heures 05 minutes et 50 secondes
Trajet parcouru : 3190,01 milles
Vitesse moyenne : 15.5 nœuds
SA COURSE EN BREF
Ambrogio Beccaria voulait appuyer sur l’accélérateur. Après un an de passation et de formation aux côtés de Thomas Ruyant (à qui il a racheté le bateau), l’Italien débutait sa première saison en solitaire à bord de son IMOCA. Son talent de régatier et son sens tactique, si souvent entrevus en Class40, sont autant de qualités qui peuvent lui permettre de faire des étincelles en 60 pieds. Mais Ambrogio devait le confirmer avec des actes et il s’y est employé tout au long de la course. Le skipper prend en effet les commandes de la course au début de la première soirée après le contournement de l’île d’Yeu.
Mais la suite se complique : il est victime d’une panne électrique – « je me suis retrouvé une vingtaine de minutes dans le noir total » - et dégringole à la 5e place dans la remontée du Fastnet. Ambrogio n’est pas du genre à baisser les bras. Il fait preuve d’un sacré courage, d’ailleurs, en plongeant dans les eaux glacées de l’Irlande pour enlever un filet de pêche qui s’était emmêlé sur sa quille.
Le héros d’un incroyable scénario
Pourtant, l’Italien a fait preuve d’une incroyable résistance. L’héroïsme au large est une affaire de patience et d’abnégation, sa course en est la meilleure illustration. Il dépasse Francesca Clapcich à l’ouest de l’Écosse puis Violette Dorange à l’est de l’Islande. Au niveau des îles britanniques, il est le premier à décider de descendre en longeant la côte irlandaise, se démarquant de la stratégie du duo Goodchild-Bonafous. Son option, plutôt conservatrice à l’origine, devient offensive à la faveur de la zone de molle qui se profile autour de l’arrivée.
C’est donc là que tout s’est accéléré. Élodie Bonafous a dû observer ses 12 heures de pénalité et Sam Goodchild s’est retrouvé empêtré dans la pétole. Il restait donc Ambrogio, croyant en son étoile jusqu’au bout. L’Italien a pris les commandes vers 18 heures lundi et a tenu, résisté pour débouler seul en tête sur la ligne d’arrivée alors que la nuit était déjà tombée sur les Sables-d’Olonne.
Un retour heureux sur la plus haute marche
Ambrogio, qui débute sa première saison en solitaire sur son IMOCA, retrouve donc les joies de la victoire. Il en connaît déjà les saveurs, lui qui a fait partie des grands acteurs en Class40 ces dernières années. Double vainqueur de la Normandy Channel Race (2022, 2023), lauréat de la Transat Jacques Vabre (2023) et de The Transat CIC (2024), l’Italien a débarqué en IMOCA l’an dernier en récupérant l’ex-Vulnérable, le bateau de Thomas Ruyant. La saison dernière en double et en équipage a été contrastée, avec un abandon à la Course des Caps, une victoire d’étape à Gènes à The Ocean Race Europe et une 4e place à la Transat Café L’Or.
C’était le temps de l’apprentissage, les premières étapes d’une ascension qui a repris sa marche triomphale cette saison. Le skipper a eu besoin d’un détour au cercle polaire, d’une résistance digne des plus grands et d’un combat acharné pour briller à nouveau. Ambrogio, nouveau héros du large, sera célébré comme il se doit ce mardi matin pour remonter le chenal et s’offrir tous les honneurs.