À course inédite, réflexion inédite. Cette troisième édition de la Vendée Arctique offre aux skippers un challenge particulier : atteindre le cercle polaire sur un point qu’ils doivent eux-mêmes définir avant de redescendre jusqu’aux Sables-d’Olonne. « Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le meilleur point d’arrivée n’est pas forcément le meilleur point pour entamer la descente, décrypte Christian Dumard, le météorologue de la course. Le choix qui sera pris dépend surtout de la stratégie de la deuxième partie de course. En termes de réflexion, c’est assez complexe ».
« C’est important de regarder ce que tu fais après »
En plus des manœuvres, des réglages et de la veille en continu à bord, il faut donc se creuser les méninges. Une réflexion entamée depuis plusieurs jours par les marins. « C’est important de regarder ce que tu fais après avoir fait demi-tour, expliquait hier Arnaud Boissières (April Marine – recherche co-partenaire). Ce qu’on essaie d’éviter, c’est de redescendre avec du vent de face, c’est moins plaisant et surtout moins rapide. Mais ça peut être intéressant en occasionnant des ralentissements en tête de flotte ».
Actuellement en tête de la flotte, Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance) et Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) devraient franchir le cercle polaire au cours de cette nuit de mercredi à jeudi. Mais à quel point exactement ? « Ils vont ajuster leur trajectoire dans la journée », assure Christian. « Le choix se fera probablement au dernier moment en fonction de l’évolution des conditions, explique Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance). J’essaie de me laisser le plus d’options possibles ».
Ce matin, Élodie ne disait pas autre chose : « je ne sais pas encore précisément où je vais passer. L’ouest de l’Islande n’est plus une option vue là où on s’est engagé. J’ai décidé de laisser sur bâbord une zone interdite (zone de protection de la biodiversité Atlantique Nord) et maintenant, je vais m’adapter en fonction des petits phénomènes météo et des dépressions qui circulent. Je me laisse une belle marge de manœuvre parce que j’ai encore le temps. »