Une douceur trompeuse
Les voiles ont mis du temps à se remplir, les bateaux à trouver leur cadence. Pourtant, personne n'imagine une entrée en matière reposante. Dans ces faibles souffles, les différences se créent rarement sur un coup de génie stratégique. Elles naissent plus souvent d'une risée mieux exploitée, d'un placement plus juste ou d'une manœuvre réalisée au bon moment. « Il y a déjà deux routes qui se dessinent », a expliqué Corentin Horeau (MACSF) avant le départ. « Une plutôt au large, une autre plus près de la côte. C'est un peu du tricotage pour commencer. » Sous ses allures paisibles, cette première journée réclame déjà beaucoup d'attention. Les marins évoluent dans un flux instable tandis que la mer commence progressivement à se former. Dans ces conditions, la flotte ressemble parfois à un groupe de randonneurs devant une bifurcation mal indiquée : tout le monde regarde le même panneau, mais personne n'en lit exactement la même chose. Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) préfère pour sa part rester pragmatique. « Hier encore, il y avait quelques trous de souris bien identifiés à exploiter. C’est moins vrai aujourd’hui. Sur l'eau, il faudra surtout faire avec ce qu'il y a. Faire avancer le bateau et aller chercher le vent quand il tourne. » Une philosophie qui pourrait bien résumer ce début de course : composer avec ce que propose la météo plutôt que chercher à lui imposer un scénario.
Une course qui hausse rapidement le ton
Le calme observé au départ ne devrait cependant être qu'une parenthèse. Dès demain matin, un premier front viendra redistribuer les cartes avant une montée en puissance progressive sur la route de la mer Celtique.