Là où le jour ne s'éteint jamais
Depuis plusieurs jours, les IMOCA remontent vers des latitudes rarement fréquentées en compétition. Les Hébrides ont progressivement cédé la place aux Féroé, puis bientôt au cercle polaire. À mesure que les milles défilent, l’ambiance change. Le ciel se fait plus bas, la lumière plus diffuse, les contrastes s'effacent. « Ici, c'est gris, gris, gris », a raconté Sam Goodchild au petit matin. « Soit c'est du brouillard, soit des nuages partout. Par moments, cela ressemble vraiment aux mers du Sud. » Le leader de la flotte redécouvre pourtant un phénomène bien différent : la disparition progressive de la nuit. « Il était 3h30 du matin et je voyais déjà le soleil derrière les nuages. Même à minuit ou une heure du matein, je n'avais pas besoin de lampe frontale. C'est quand même assez spécial. » À bord des bateaux, l'atmosphère est également particulière. Le froid s'installe progressivement, mais c'est surtout l'humidité qui marque les organismes. « Il y a de la condensation partout à l'intérieur du bateau », a résumé le Franco-Britannique. Une sensation que partage Élodie Bonafous. « J'ai froid. J'ai sorti mes couches les plus chaudes. Avec l'humidité, tout est plus compliqué. Tout est trempé ou semi-trempé. » Pour la Finistérienne, le décor a même quelque chose d'inquiétant.