Les derniers pièges
Pendant plusieurs jours, ils ont composé avec les dépressions de l'Atlantique Nord, les rafales à plus de 30 nœuds et les mers parfois rugueuses des hautes latitudes. Depuis leur retour vers le sud, le décor a changé. Après une traversée rapide de la mer Celtique puis de la Manche, Nico d'Estais et Arnaud Boissières abordent désormais une phase bien différente de leur course. À l'approche de la Vendée, le vent s'étiole et oblige chacun à soigner son placement. Cette descente vers les côtes françaises leur a toutefois offert une respiration bienvenue. Mer relativement plate, bateau lancé à bonne vitesse et longues heures sur le même bord : de quoi refaire un peu les réserves après une semaine particulièrement exigeante. « J’ai profité de ce moment pour vraiment récupérer. C’était assez stable, idéal pour se reposer avant d’attaquer les côtes bretonnes puis vendéennes », a expliqué le skipper de Café Joyeux. Conscient de la molle annoncée sur la fin du parcours, Nico d'Estais a choisi d'anticiper. Il a fait le choix de rester au plus près du littoral dans l'espoir de profiter d'éventuels effets thermiques. Ce mercredi matin, cette option l'a conduit à passer à l'intérieur de Belle-Île-en-Mer. « L’enjeu, désormais, c’est simplement de trouver du vent pour rejoindre les Sables d’Olonne. Cela s’annonce comme une arrivée assez délicate. Heureusement, mon bateau est plutôt à l’aise dans ce registre. » La stratégie a du sens, mais elle ne garantit rien. Déjà ralenti dans les petits airs, le marin voit son avance fondre progressivement. Par effet mécanique, les écarts se réduisent. « J’avais réussi à creuser un peu, mais Cali est revenu. Nous ne sommes pas exactement au même endroit et nous ne touchons pas le même vent. Je vois bien que mon avance diminue à mesure que je ralentis, mais lui finira aussi par entrer dans cette zone. Quoi qu’il arrive, je reste concentré jusqu’au bout. » Derrière, Arnaud Boissières profite en effet encore d'un peu plus de pression pour continuer à grignoter du terrain. Une situation devrait, de fait, ne durer qu'un temps. Le skipper d’APRIL Marine – recherche co-partenaires reste donc particulièrement attentif aux transitions qui l'attendent dans les prochaines heures. « Le vent devrait peu à peu adonner et il faudra probablement effectuer quelques empannages, mais la tendance générale reste plutôt favorable. »
Une marche plus haute que les autres
À mesure que les milles défilent, les premiers bilans commencent à prendre forme. Pour Nico d'Estais, cette Vendée Arctique constitue bien davantage qu'une simple ligne au palmarès. Elle marque une étape importante sur le chemin qui mène au Vendée Globe.