Nico et Cali, le match dans le match
Ce mardi matin, Arnaud Boissières a débordé à son tour le célèbre phare du Fastnet, quelques heures seulement après Nico d'Estais. Entre les deux hommes, une petite centaine de milles d’écart et une même volonté : ne rien lâcher. Hier, leur duel s'est joué au large de la côte ouest irlandaise, dans une zone particulièrement complexe à négocier. Le skipper de Café Joyeux a choisi de rester fidèle à sa route au plus près de la terre, quitte à patienter en attendant l'arrivée du nouveau flux. « J'avais le choix entre partir quasiment à 90 degrés de ma route pour aller chercher ce nouveau vent ou continuer à avancer plus directement vers l'arrivée en attendant qu'il vienne à moi. C'est cette deuxième option que j'ai retenue », a-t-il expliqué. Une décision qui lui a permis de conserver l'avantage, même si la bataille lui a coûté cher physiquement. « Le contournement de l’Irlande m'a donné beaucoup de fil à retordre. J'ai terminé complètement cramé. Durant un jour et demi, je n'ai pratiquement pas dormi. » Le marin d’APRIL Marine – recherche co-partenaires, lui, a tenté l'approche inverse. « Je me suis un peu décalé vers l'ouest pour aller chercher la bascule de vent au sud-ouest. Sur le papier, c'était une opportunité de revenir dans le match. » Les deux stratégies avaient leur logique. Les écarts, eux, ont peu évolué. À présent, un nouveau chapitre s'ouvre. Portés par un flux d’une douzaine de nœuds sur une mer relativement plate, les deux marins peuvent enfin souffler un peu après plusieurs jours particulièrement exigeants. « Le bateau glisse facilement et il n'y a pas besoin de le solliciter énormément pour avancer vite. Après les dernières journées, c'est presque du luxe », a souri Nico d'Estais. Mais derrière cette apparente simplicité, la partie est loin d'être terminée. « Après le passage de la pointe bretonne, les effets thermiques et le positionnement par rapport à la côte pourraient jouer un rôle important », a-t-il prévenu. Arnaud Boissières, lui, garde les yeux rivés sur son adversaire. « Mon objectif est clair : essayer de revenir sur Nico et lui mettre la pression jusqu'au bout. Tout reste possible. » Après avoir observé le scénario renversant vécu par les leaders, difficile de lui donner tort.