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LEADER REVIGORÉ, GOODCHILD SE PRÉPARE À FRANCHIR LE CERCLE POLAIRE ARCTIQUE

Leader de la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne depuis le début de l’épreuve, Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance) a pu récupérer après avoir enfin bénéficié de quelques bonnes périodes de sommeil la nuit dernière.

Sam Goodchild à bord de MACIF Santé Prévoyance
© Sam Goodchild

Leader de la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne depuis le départ, Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance) a pu récupérer après avoir enfin bénéficié de quelques bonnes périodes de sommeil la nuit dernière. Le Britannique aborde désormais la prochaine phase de course avec davantage d’énergie, alors qu’il s’apprête à affronter une nouvelle dépression avant de franchir le cercle polaire arctique et d’entamer sa route vers le sud.

À bord d’Allagrande Mapei.

Lors de la vacation radio du matin, Goodchild confiait être surpris par la vitesse à laquelle la course se déroule.

« J’ai l’impression qu’on a vécu dix jours de navigation en seulement trois jours… et dans des conditions complètement différentes. »

Le skipper de MACIF Santé Prévoyance prévoit de franchir le cercle polaire arctique dans les premières heures de demain matin.

« Les dernières 24 heures se sont plutôt bien passées. Le vent a molli, ce qui m’a permis de dormir un peu, et là il commence juste à revenir. J’ai donc affalé la grande voile et je commence à me préparer pour gérer cette petite dépression qui nous attend devant. Globalement, ces dernières 24 heures se sont bien déroulées. J’ai pu rattraper un peu de sommeil. J’étais vraiment très fatigué. »

Il poursuit :

« Ce ne sont pas des bateaux dans lesquels il est facile de dormir lorsqu’ils retombent lourdement dans les vagues ou accélèrent sur leurs foils. Nous espérions que les conditions se calmeraient un peu au nord de l’Irlande, mais nous avons eu des vents très instables, avec beaucoup de grains, de rafales, de molles et de variations permanentes. Une chose après l’autre a fini par générer une vraie fatigue. Je ne sais pas combien d’heures j’ai dormi cette nuit, mais vraiment beaucoup. »

La prochaine étape s’annonce plus musclée.

« En ce moment, une dépression se creuse devant nous et barre complètement notre route. Nous allons devoir passer à travers. C’est un peu comme dans la chasse à l’ours : on ne peut pas la contourner, il faut traverser. Le vent devrait dépasser les 30 nœuds. Cela ne devrait pas durer très longtemps et nous ressortirons ensuite dans des vents plus faibles. Après ça, j’espère simplement que tout se passera bien. »

Concernant le choix du point de passage du cercle polaire, le Britannique explique :

« En réalité, il n’est pas nécessaire de choisir un point précis avant d’y arriver, ce qui est assez inhabituel. Nous étudions plusieurs scénarios météo et plusieurs prévisions, et chacune recommande un point de passage différent. Aucune ne raconte vraiment la même histoire. Le choix se fera probablement au dernier moment, en fonction de l’évolution des conditions. Pour l’instant, j’essaie de me laisser le plus d’options possible et de voir à quel moment les prévisions convergeront vers une zone plus précise. »

Alors que certaines options envisagées par les poursuivants passent à l’est du Royaume-Uni, Goodchild n’écarte pas la possibilité d’un retour via la mer d’Irlande.

« Pour moi, passer à l’est du Royaume-Uni ne semble pas être l’option privilégiée, mais l’est de l’Irlande reste envisageable. Une autre grosse dépression va toucher l’Irlande dans les prochains jours et elle va largement conditionner notre retour vers le sud. Nous devrons composer avec elle. Certaines routes passent effectivement à l’est de l’Irlande pour éviter les vents les plus forts, la mer très formée, puis les vents faibles associés à la dorsale qui suit. Nous verrons comment tout cela évolue dans les prochains jours. D’abord, il faut déterminer où nous allons franchir le cercle polaire arctique, puis nous aurons une nouvelle dépression à négocier sur le chemin du retour. »

Pour le leader de la course, le scénario actuel correspond finalement assez bien à ce qui était attendu avant le départ.

« Cette course devait forcément être intense avec l’enchaînement des systèmes météo. Nous savions que nous allions naviguer dans des conditions très changeantes, avec des vents forts, des vents faibles, de nombreuses transitions et une mer souvent difficile. Finalement, cela correspond assez bien à ce que nous attendions. »

Et de conclure :

« Je suis surpris par notre vitesse. Je suis surpris d’être déjà quasiment à hauteur de Fair Isle. Demain, je serai aux abords du cercle polaire arctique. Tout semble s’être concentré sur seulement trois jours. J’ai l’impression d’avoir vécu dix jours de navigation en trois jours, dans des conditions complètement différentes.»

Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance)


Je suis surpris par notre vitesse. Je suis surpris d’être déjà quasiment à hauteur de Fair Isle. Demain, je serai aux abords du cercle polaire arctique. Tout semble s’être concentré sur seulement trois jours. J’ai l’impression d’avoir vécu dix jours de navigation en trois jours, dans des conditions complètement différentes.

Sam Goodchild
MACIF Santé Prévoyance

Macif Santé Prévoyance, actuellement en tête de la course.
© DR

BECCARIA RETROUVE DES COULEURS APRÈS SA PLONGÉE SALVATRICE

L’Italien Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) profite lui aussi d’une phase de récupération. Après avoir dû plonger pour dégager une bouée et des bouts emmêlés autour de sa quille, il retrouve progressivement son rythme de course, avec quelques heures de sommeil en perspective et un bon plat de pâtes au pesto pour reprendre des forces.

« J’étais vraiment très fatigué parce que la course a été intense et que j’ai accumulé les problèmes, beaucoup trop à mon goût. J’ai eu des soucis électriques, des problèmes de pilote automatique, des difficultés liées à la gestion de l’énergie à bord… C’était très compliqué. Hier, j’ai plongé pour libérer le bateau de cette fichue corde coincée sous l’eau. Aujourd’hui, je vais beaucoup mieux qu’hier. Je vais pouvoir me préparer de bonnes pâtes avec le pesto que mon sponsor m’a apporté d’Italie, puis faire quelques siestes. Je suis de nouveau pleinement dans mon rythme de course. »

Cette intervention lui a coûté de précieux milles, mais le skipper italien est désormais reparti de l’avant.

« Je suis resté arrêté au moins une heure, peut-être un peu plus. J’ai d’abord passé quarante minutes à essayer de libérer le bateau sans plonger. Puis j’ai décidé de me mettre à l’eau et j’y suis resté entre quinze et vingt minutes. Dès la première plongée, j’ai réussi à dégager la corde qui retenait le bateau, mais il y avait aussi une grosse bouée avec plusieurs bouts enroulés autour de la quille. Il m’a fallu encore une dizaine de minutes pour tout enlever. La quille n’est plus parfaitement intacte. J’ai eu de la chance car je pratique beaucoup la plongée et je suis très à l’aise sous l’eau. Cela m’a clairement aidé. Mais malgré tout, c’était extrêmement difficile. Il y avait encore 18 nœuds de vent avec des grains, le bateau bougeait énormément et la mer était bien formée. C’était très stressant. Je dois reconnaître que j’ai versé quelques larmes avant de plonger tant la situation était stressante. Finalement, une fois dans l’eau, c’était beaucoup moins difficile que ce que j’imaginais. »

Pour la suite de la course, Beccaria privilégiera la prudence plutôt qu’un passage dans des zones plus contraintes et fréquentées.


Je n’envisage pas une route à l’est de la Grande-Bretagne. Ce serait une énorme source de complications. Je préfère encore deux jours au près dans des conditions soutenues. À mes yeux, passer à l’est est une option risquée pour de nombreuses raisons. Je n’y irais que si nous avions entre 35 et 45 nœuds de vent avec une mer très forte. Dans ce cas, peut-être. Mais ce ne serait pas une route choisie dans une logique de performance.

Ambrogio Beccaria
ALLAGRANDE MAPEI

Retour sur la folle plongée de Ambrogio Beccaria 🤯

Francesca Clapcich : récupération et apprentissage dans le Grand Nord

Quatrième au classement, l’Italo-Américaine Francesca Clapcich (11th Hour Racing) traverse actuellement une phase de récupération après plusieurs jours particulièrement éprouvants. Souffrant de maux de tête et de douleurs à l’estomac, elle constate toutefois une amélioration progressive de son état. Comme la plupart de ses concurrents, sa priorité est désormais de bien dormir et de bien s’alimenter.

Les conditions plus clémentes rencontrées ces dernières heures lui ont offert un répit bienvenu.

« Les conditions ont été relativement faciles ces dernières heures. Cela m’a permis de récupérer un peu », explique-t-elle. « J’essaie toutefois d’éviter de trop me décaler vers l’ouest pour ne pas me retrouver piégée dans une dorsale anticyclonique avec un vent qui refuse et mollit. Je devrai peut-être empanner et repartir légèrement vers l’est. »

La navigatrice revient également sur les derniers jours, marqués par une mer forte et des vents soutenus.

« Le bateau tapait énormément dans les vagues. À un moment, j’ai même eu le mal de mer, ce qui n’aide évidemment pas à conserver son énergie. La récupération physique a été difficile. Mais c’est une expérience formidable. Ce sont exactement les conditions que nous pourrions rencontrer sur le Vendée Globe, voire pire, et je suis heureuse de pouvoir les expérimenter dans cette course. »

Si les leaders MACIF et Quéguiner semblent pour l’instant hors de portée, Clapcich reste concentrée sur sa propre trajectoire.

« Ils ont imposé un rythme très élevé depuis le départ. Mais je suis dans le groupe de poursuivants et je suis satisfaite de mener ma propre course, à mon rythme, en continuant à apprendre et à prendre mes propres décisions. Nous verrons à l’arrivée où cela nous mène. »

La situation météorologique reste complexe, avec la flotte coincée entre deux systèmes dépressionnaires.

« Nous essayons de profiter de la dépression située à l’ouest pour bénéficier d’un bon flux jusqu’au cercle polaire. Le retour pourrait débuter dans des vents plus faibles avant de retrouver des conditions similaires à celles de l’aller, avec un fort vent d’ouest le long des côtes irlandaises et britanniques. Quant à la fin de course, elle reste encore très incertaine. »

Sur le plan technique, le bateau se comporte remarquablement bien. Seul un problème mineur sur une ligne d’enrouleur est venu perturber son quotidien.

« Rien qui m’empêche d’exploiter pleinement le potentiel du bateau. Le seul inconvénient est que je ne peux plus effectuer certains changements de voile aussi rapidement qu’avant. Mais ce n’est pas dramatique. »

Elle se montre d’ailleurs particulièrement satisfaite du comportement de son IMOCA dans ces conditions exigeantes.

« Le bateau est solide et parfaitement adapté à ce type de météo. Je suis contente de la façon dont j’ai géré les conditions les plus difficiles, tout en préservant à la fois le bateau et moi-même. »

Malgré la fatigue accumulée, la navigatrice continue de savourer cette aventure.

« La plupart du temps, j’en profite vraiment. Je suis encore en phase de récupération à cause de ces maux de tête et de ces douleurs à l’estomac, mais le bateau est rapide et demande relativement peu d’interventions en ce moment. C’est donc le bon moment pour prendre soin de moi et retrouver toute mon énergie. »

Et au milieu de cet environnement exigeant, certains moments restent magiques.

« Voir le soleil se lever à trois heures du matin est assez incroyable. C’est un endroit vraiment unique au monde. Nous approchons des 60 degrés nord, et cela rend cette expérience encore plus spéciale. »


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